Partager l'article ! GAGNY:"Pour imposer le changement, il faudra faire oeuvrer ensemble des courants différents"(C'est vrai pour la France,c'est vrai aussi en local): ...
8 juillet 2011
François Bayrou a répondu vendredi 8 juillet aux questions du Télégramme.com, où il a rappelé que "le centre n'est pas le réceptacle des déceptions des uns et des autres". "L'audience du centre ne viendra pas de l'échec des autres ; elle viendra de sa propre dynamique", a-t-il déclaré.
Redoutez-vous que l'affaire Strauss-Kahn ait des conséquences sur la perception des politiques par l'opinion?
Franchement, non. Les Français font la différence entre les comportements individuels et un comportement d'ensemble. Bien sûr, les politiques dans leur ensemble ne
sont pas sans faiblesse. Leur monde et leurs discours apparaissent trop souvent éloignés des réalités de la vie. Cela tient en particulier au cumul des mandats, aux avantages divers qui
s'additionnent parfois. Même si ces avantages sont loin d'être du même ordre que ceux dont bénéficient les cadres dirigeants du CAC 40 ou de l'univers financier. Mais il est vrai que, trop
souvent, le monde politique paraît vivre en vase clos. Pour autant, je ne confonds pas ces faiblesses avec des comportements personnels discutables ou répréhensibles.
Le fait que DSK soit empêché d'être candidat à l'élection présidentielle redonne-t-il un espace politique au centre ?
Le centre ce n'est pas le réceptacle des déceptions des uns et des autres. Le centre, c'est tout à fait autre chose. C'est un projet et une éthique
politique.
Le centre, c'est au moins deux affirmations. Premièrement, c'est le refus de la guerre civile d'un camp contre l'autre ; parce que cette guerre civile stupide
empêche qu'on prenne les bonnes décisions pour le pays. Pour imposer le changement, il faudra rendre compatibles et faire oeuvrer ensemble des courants différents. Deuxièmement, le centre c'est
la volonté de proposer une action politique qui parte de la vérité. Et, aujourd'hui, on peut dire que la vérité n'est plus nulle part. Le pouvoir actuel nous dit que tout va mieux. Ce n'est pas
vrai. La gauche nous dit qu'on peut de nouveau dépenser, créer des centaines de milliers d'emplois et résoudre les problèmes de logement en bloquant les loyers. Tout cela est stupide et faux. Et
ça nous conduira à un grave accident. Voilà pourquoi nous nous en tiendrons, même dans l'élection présidentielle, à la politique de la vérité.
L'audience du centre ne viendra pas de l'échec des autres. Elle viendra de sa propre dynamique.
Croyez-vous à une candidature de Jean-Louis Borloo ? La redoutez-vous ?
Il n'y aura qu'une candidature au centre, et ce sera la candidature la plus authentique. On ne peut pas s'affirmer du camp de la droite et se prétendre du centre.
C'est illogique. On ne peut pas avoir été, pendant neuf ans, un des piliers du système en place, ministre, numéro deux du gouvernement, et se présenter comme le changement. Ce n'est pas
cohérent.
On vous a reproché, en 2007, de ne pas avoir pris position entre les deux tours. Que ferez-vous en 2012 si vous n'êtes pas qualifié pour le second tour
?
Le but d'une campagne présidentielle, c'est d'être dans les deux premiers au premier tour. C'est l'objectif à atteindre. Le projet que nous porterons sera assez
fort, assez convaincant, pour que cet objectif soit atteint. Mais en tout état de cause, s'il le faut, au deuxième tour, nous choisirons ensemble, collectivement, ce qui sera l'intérêt du
pays.

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