Partager l'article ! Les professions de foi sont enfin arrivées !: A seulement quatre jours du scrutin, nous recevons enfin le détail des listes et des professions ...
A seulement quatre jours du scrutin, nous recevons enfin le détail des listes et des professions de foi. Sans grande surprise, le gouvernement a attendu la dernière
minute pour donner son feu vert à la distribution des documents institutionnels de chaque liste candidate aux européennes, histoire bien entendu de ne pas laisser le temps aux électeurs de se
poser trop de questions.
Petit tour des principales listes en compétition
Etant donné le nombre de listes, nous n’allons pas toutes les commenter. Nous nous limiterons donc aux listes UMP, PS, Europe écologie et MoDem.
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La liste UMP-PPE |
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Le mot d’ordre apparent est « changer ». Pour faire quoi ? Vers quelle direction ? On sait ne sait pas trop mais il faut changer, comme l’a « prouvé » la présidence de Nicolas Sarkozy. Il faut donc étudier les propositions pour comprendre les orientations de ce changement.
Les promesses de la liste se résument en 6 propositions synthétiques dont les trois premières sont partagées avec le Front National et les De Villieristes (Libertas). Très honnêtement, difficile d’imaginer un instant qu’un tel « programme » reflète des valeurs républicaines qu’avait à l’époque la droite traditionnelle : la promesse de l’UMP porte avant tout sur le repli communautaire (cf. proposition n°2) et la « menace » Turque. Mais reprenons les six propositions :
1- Le refus de l’adhésion à la Turquie. Visiblement considérée comme la mesure phare de l’UMP, cet engagement résume à lui-seul le creux du programme UMP. En effet, une telle adhésion est techniquement impossible ces cinq prochaines années étant donné l’important décalage subsistant entre les critères européens et la réalité politique et économique de la Turquie. Nous ne critiquons pas l’idée de ne pas intégrer la Turquie au sein de l’Union Européenne car nous la partageons aussi (cf notre programme). Néanmoins, la question ne se pose pas pour cette législature. Prendre comme engagement numéro un de refuser l’adhésion de la Turquie alors que la question ne se posera pas de si tôt en dit long sur l’ambition réelle du parti majoritaire ! Notons aussi que c’est Nicolas Sarkozy qui a fait modifier la constitution pour supprimer la disposition introduite par Jacques Chirac et qui prévoyait une consultation systématique des Français sur les futures adhésions. Rappelons enfin que Nicolas Sarkozy n’a jamais traduit dans les actes cet engagement en refusant la poursuite des négociations avec ce pays. En conclusion, non seulement cet engagement « prioritaire » est absurde dans les faits mais Nicolas Sarkozy toujours agit en opposition de celui-ci.
2- La question du repli communautaire. Ce thème de campagne, en temps normal privilégié par les eurosceptiques et les ultraconservateurs, sonne creux lorsque l’on constate que l’UMP a toujours été favorable à la libre concurrence des marchés et a toujours voté en faveur des régulations au parlement européen. Notons le formidable contre sens opposant la préférence communautaire à la concurrence déloyale car, en économie, une préférence communautaire induit une concurrence déloyale (avec les conséquences que cela peut avoir sur les exportations). Il s’agit par conséquent d’une fausse promesse qui ne sera jamais suivie dans les faits.
3- La question de l’immigration.Pas de surprise car cela a toujours été la ligne politique de l’UMP.
4- La politique industrielle européenne. RAS. Qui peut être contre ce genre de proposition ? Dommage, qu’il n’y ait pas de propositions concrètes.
5- La régulation financière. Idem.
6- La croissance verte. Idem.
Au final, l’originalité politique du programme UMP repose avant tout sur des promesses faites de longue date par les eurosceptiques et l’extrême droite : c’est apparemment ca le vrai virage politique du Sarkozysme : surfer sur la peur de l’autre à des fins électorales.
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La liste PS - PSE |
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L’analyse sera plus courte dans la mesure où il y a peu de propositions concrètes avancées. Sans surprise la PS attaque « l’Europe libérale » et s’affiche comme le seul rempart à la politique de régression sociale. Néanmoins, nous notons des lacunes et des inexactitudes dans leurs argumentations.
- La responsabilité de la crise est-elle uniquement la faute de la droite ? Non. Le PS omet de parler de la coalition existant au parlement européen entre les socialistes européens et la droite conservatrice. Si responsable il y a, il s’agit alors d’une coresponsabilité touchant les deux grands groupes européens (PPE et PSE). Nous ne cherchons pas à accabler les uns ou les autres, ni même à trouver des coupables : l’important est aujourd’hui de tirer les leçons du passé pour changer réellement et en bien les choses.
- Le PSE est-il la seule alternative ? Non. Chaque député européen vote selon ses convictions et n’est pas tenu de respecter les consignes du groupe politique auquel il appartient. L’essentiel, c’est d’avoir un maximum de députés prêts à se battre pour défendre des idées progressistes, qu’ils soient PS, Vert, MoDem ou autres. Si les socialistes préfèrent tirer la couverture à soit, c’est pour mieux peser dans les futures négociations de poste qui se joueront après les européennes.
- La PSE est-il à même de changer de majorité ? Non. Les dernières projections montrent mêmes que ce groupe devrait perdre des sièges après les élections. Il n’y a donc aucun espoir de changer de majorité parlementaire le 7 juin prochain. Le véritable enjeu portera sur le changement du président de la commission européenne encore possible aujourd’hui si les socialistes le veulent vraiment, ce qui n’est pas gagné car la tentation de troquer l’Europe sociale contre quelques postes clés est grande. A noter que le Parti Démocrate Européen (auquel est rattaché le MoDem) est la seule formation politique à avoir fait des propositions concrètes et viables sur ce point.
- Le PSE est-il le groupe le plus représentatif pour incarner le changement ? Non, car les socialistes européens, conscients de ne pas être à même d’imposer une nouvelle majorité ont déjà commencé les négociations avec la droite pour préparer la future coalition au parlement. L’actuel président du PSE au parlement est pressenti pour un poste de commissaire sous l’autorité de l’ultra-libéral Barroso en échange du soutien des socialistes européennes pour sa reconduction. Le vote socialiste contribue ainsi à renforcer le statu-quo politique au parlement européen.
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La liste Europe Ecologie |
Objectivement, pas grand-chose à dire, les propositions avancées étant très consensuelles et très macro. Les idées avancées sur leur profession de foi sont totalement compatibles aux nôtres ! Dommage que cette liste n’aborde pas les autres thèmes européens : très peu de chose sur le devenir de l’Union Européenne, sur les priorités autres que l’écologie, sur la question du modèle européen et des moteurs de développement de l’Union, sur la question de l’élargissement, … Nous y reviendrons dans un autre article.
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La liste MoDem - PDE |
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Par rapport aux précédentes listes, on remarquera que nos idées et priorités se démarquent nettement des autres formations politiques de part leurs précisions et leurs exhaustivités. L’Europe ne se limite pas à des priorités économiques et écologiques aussi importantes soient-elles ! Aussi est-il important d’éclairer nos concitoyens sur les principales orientations politiques sur tous sujets importants pour lesquels les futurs députés seront amenés à prendre position et à voter en votre nom. Le MoDem propose ainsi une offre politique claire avec un réel souci de transparence.

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