Partager l'article ! Point de vue : Bayrou et son obsession présidentielle: François Bayrou a remporté une très belle manche politique après la sortie de son liv ...
François Bayrou a remporté une très belle manche politique après la sortie de son livre « Abus de Pouvoir », reconnu aujourd’hui pour être le Best Seller
politique avec 110 000 ouvrages édités un peu plus de 2 semaines après sa sortie. Bref, un succès incontestable qui irrite tant à droite qu’à gauche, au point que le PS et Cohn Bendit
préfèrent taper sur Bayrou plutôt que Nicolas Sarkozy. « Obsédé par la présidentielle », « touché par la vierge », « utilise la campagne des européennes pour satisfaire
ses ambitions », … bref, si Nicolas Sarkozy est inquiet de la montée en puissance de François Bayrou dans les sondages, il peut être satisfait d’avoir pour le moment une opposition diluée et
divisée.
Mais revenons à nos moutons : ces attaques sont-elles vraiment fondées ? S’il y a bien sûr un peu de vrai dans celles-ci, il y a surtout beaucoup de mauvaise fois et d’exagération.
La question de l’obsession présidentielle
Oui, François Bayrou pense beaucoup à la présidentielle et il ne s’en cache pas. Il sait très bien qu’à moins d’une dissolution de l’Assemblée Nationale, le grand rendez-vous susceptible d’apporter un vrai changement en France, c’est la présidentielle. En attendant 2012, Nicolas Sarkozy botte en touche toutes les propositions constructives de l’opposition. Si l’opposition constructive fonctionne dans certains pays, ce n’est pas le cas en France et ce, en grande partie en raison de l’absence de pluralisme au sein de nos institutions. L’UMP dispose aujourd’hui d’une majorité suffisante lui permettant de faire à peu prêt ce qu’elle veut. Lorsque la majorité parlementaire grince un peu des dents, il suffit de quelques coups de fouet et quelques menaces sur les prochaines investitures pour que le troupeau aille dans le sens voulu par l’exécutif (cf. l’épisode HADOPI). C’est triste, mais c’est la dure réalité défendue aujourd’hui par l’UMP et le PS. François Bayrou sait donc qu’avec un UMP en position de force et un PS agonisant, le seul moyen d’obtenir une alternance progressiste en 2012, c’est de se battre pour les présidentielles.
Est-il le seul à penser à la présidentielle ? Naturellement non. Beaucoup s’insurgent contre « l’ambition » de Bayrou pour mieux cacher la leur. Sarkozy, Copé, De Villepin, Juppé, Royal, Aubry, DSK, Delanoe, Hollande, ainsi qu’une bonne poignée de quadras du PS, … beaucoup affichent plus ou moins ouvertement leurs ambitions pour 2012.
L’absence de campagne Européenne de Bayrou
Celle-là, c’est la plus rigolote. Nous allons déjà commencer par un scoop : François Bayrou n’est pas candidat aux Européennes, contrairement à Harlem Désir ou à Cohn Bendit. En tant que leader du MoDem, il n’a aucune raison de restreindre sa communication aux élections Européennes. Aubry le fait-elle ? Et Bertrand ? Non. Les chefs de partis abordent les différents thèmes d’actualité dont les Européennes et ce sont nos têtes de liste qui, eux, font campagne avec le soutien de François Bayrou.
Le combat de François Bayrou contre les dérives Sarkozystes est un combat légitime et il est normal de s’opposer, y compris pendant les échéances électorales. Comme tout parti normalement organisé, ce sont aux candidats de faire leurs preuves et de se concentrer sur les thèmes de campagne. Contrairement aux autres partis, le MoDem a organisé près de 4000 réunions publiques sur l’Europe, soit en moyenne une par circonscription : connaissez-vous d’autres partis ayant eu une telle implication terrain ? Non. Nos candidats sillonnent inlassablement le terrain à la rencontre des citoyens pour parler des enjeux Européens et présenter nos idées. Le MoDem est le seul parti à avoir fait des propositions concrètes pour une nouvelle commission Européenne alors que le PS critique mais ne propose pas d’alternative crédible.
Le MoDem agit donc sur deux tableaux :
Résultat des courses, l’attitude des cadres socialistes pendant cette campagne fera au moins deux heureux : Nicolas Sarkozy et l’UMP. Alors que le parti majoritaire abordait lamentablement cette campagne avec des listes arrachées au forceps, des candidats peu enclins à être « exilés » au parlement Européen ou faisant une démonstration affligeante de leurs incompétences sur les questions Européennes, la campagne « anti-Bayrou » des socialistes occulte les vrais enjeux de la campagne, à savoir : souhaitons-nous le statu quo à Bruxelles ou au contraire une vraie dynamique progressiste en Europe ? Souhaitons-nous l’Europe des peuples ou l’Europe des magouilles entre nations ? Souhaitons-nous tirer les leçons de la crise pour réformer notre économie ou au contraire ne rien changer, du moins sur les questions qui risquent de fâcher ?
Voilà les grandes questions que nous abordons lors de nos réunions publiques. La propagande à papa ne fait que desservir les intérêts de nos concitoyens mais elle permet de masquer les vrais enjeux pour le PSE : limiter la déroute socialiste aux prochaines Européennes en vue des prochaines négociations avec la droite (cf notre précédent article). Le vote utile ne serait-il pas de mettre un terme aux magouilles entre le PPE et le PSE ?

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