Syndication

  • Flux RSS des articles

CAMPAGNE BAYROU 2012

referencement , Annuaire RSS

 

Agenda

30/01/2012
 
 

Robert Rochefort invité

 de Sud Radio à 17h30

30/01/2012
 

François Bayrou à Clermont Ferrand, à 18h30 dans la

 Grande Halle d’Auvergne

de Cournon

30/01/2012

 

 

Marielle de Sarnez invitée de

Soir 3, à 22h40

 

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 11:31

 

4 décembre 2011

 
François Bayrou

 

François Bayrou était l'invité de l'émission Le Grand Jury, sur RTL et LCI en partenariat avec Le Figaro, dimanche 4 décembre. Il a défendu "la reconquête de la production française" et prôné "un label qui indique la part du produit provenant de notre sol".

 

"Il n'y a pas une crise, mais deux. On se trouve à leur épicentre. D'une part une crise française, car nous ne produisons plus suffisamment, d'autre part une crise de la zone euro. Cette dernière n'est pas celle de la monnaie, mais de la dette accumulée par les Etats. Le secteur privé n'est pas en cause, les responsables sont les gouvernants. Le monde s'est aperçu que les Etats européens ne pouvaient pas rembourser leur dette et qu'un pays en difficulté n'était pas protégé, alors le doute s'est installé", a d'abord analysé le député des Pyrénées-Atlantiques.

"Dans cette situation explosive, c'est une erreur de penser que l'Europe peut se conduire à deux. On ne peut pas avoir deux pays qui s'instituent en patrons, de manière condescendante. Nous avons tous vu les images de ces conférences de presse franco-allemandes qui n'aboutissent à rien. Le couple franco-allemand doit être un ferment, un entraineur, mais pas se placer en commandant. Dans les circonstances actuelles, il faut défendre le modèle communautaire. Ce modèle, c'est la méthode coopérative que nous connaissons bien dans le monde agricole. Elle permet de conserver la liberté de chacun tout en construisant un outil commun", a-t-il défendu.

"J'ai été humilié lorsque l'Europe a demandé l'aide de la Chine. On a besoin d'un sursaut de fierté et d'indépendance. C'est de nos seules forces qu'on s'en tirera. L'Europe est le premier marché et la première démocratie au monde", a poursuivi François Bayrou.

"Il faut des mesures européennes fortes. D'abord, sécuriser la dette des Etats de la zone euro, puis permettre aux Etats en difficulté de se refinancer à des taux acceptables, pour qu'ils puissent se reconstruire. Si les taux d'intérêts augmentent, nous ne pourrons plus en assumer la charge. En échange de ces taux abordables, il doit y avoir un dialogue exigeant entre les prêteurs et les Etats en difficulté. Je prône notamment une Cour des comptes européennes, qui vérifie la véracité des chiffres fournis par les États", a proposé le candidat centriste.

"La France est vis-à-vis de ses voisins dans une situation au bas du tableau, elle décroche, car elle ne produit plus suffisamment. Nous devons rééquilibrer nos comptes et retrouver l'élan de notre production. En ce sens, le programme de François Hollande est insoutenable, il ne sera pas appliqué car il n'est pas applicable, il sera ruiné par la réalité", a pointé le président du Mouvement Démocrate.

"Pour ma part, je ne propose pas du sang et des larmes, bien au contraire, je propose le seul chemin vers l'optimisme. Trois axes sont pour moi essentiels : baisser les dépenses publiques raisonnablement, augmenter les impôts raisonnablement, donner un élan fort à notre production. La France dépense 1050 milliards d'euros par an, elle doit économiser 50 milliards pour revenir à l'équilibre, c'est un but qu'il est possible d'atteindre. Je soutiens le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, mais pas de manière aveugle. La réforme de l'État ne peut pas se faire à périmètre constant, l'Éducation notamment doit être sanctuarisée. L'éducation est vitale pour le pays, je ne la mets pas au même rang que les autres administrations du pays", a-t-il insisté.

"Le gaspillage de l'argent public doit être combattu au niveau de l'État, des ministères, du Parlement, des collectivités. Les deux grands partis ont toutes les collectivités locales, presque tout le Parlement, ils se sentent intouchables dans leurs gaspillages. En matière de réforme des collectivités locales, j'ai été le premier à proposer une rencontre entre les départements et régions. Les régions doivent devenir des fédérations de départements, aujourd'hui la région est trop loin des citoyens", a soutenu François Bayrou.

"Nous devons également aller à la reconquête de notre production. Ce n'est pas normal que la France ait une image de marque inférieure à celle de l'Allemagne. Nous avons des atouts, notamment dans le secteur culturel. Les films d'animation, les jeux vidéos, les programmes numériques, c'est aussi ça la production française. Nous devons recréer de l'attractivité pour une production française positionnée sur le haut de gamme. Il n'est pas normal que les produits français est une image de qualité inférieure à celle des produits allemands. Les citoyens doivent être acteurs de cette reconquête. Il faut comprendre que acheter Français, ce n'est pas un gros mot, c'est une démarche civique ! Je défends pour cela la transparence, au travers d'un label que je détaille dans mon livre 2012, état d'urgence. On a fait un label Bio, un label Commerce équitable. Je souhaite un label Produit en France qui indiquerait la part du produit provenant de notre sol", a-t-il conclu.

Par MoDem - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 15:23

 

2 décembre 2011

 
François Bayrou

François Bayrou a réagi avec vigueur au discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Toulon, qui constitue selon lui "la fin de l'Europe communautaire" et "le renoncement pur et simple aux principes de la construction européenne".

 

"C'est un discours qui apparaissait au premier abord comme un discours de campagne, construit sur des théories économiques fumeuses, comme celle qui voudrait que la globalisation financière ait été inventée pour corriger les ravages de la mondialisation, alors qu'elle en est l'un des visages et la condition même", a analysé le président du Mouvement Démocrate, en commentant l'intervention la veille à Toulon du chef de l'Etat.

"Mais, a-t-il ajouté, tout cela au fond aurait été banal s'il n'y avait eu la deuxième partie qui, sur l'Europe, est un renoncement pur et simple à tous les principes de la construction européenne". "Ce discours sur l'Europe, aucun pays européen et aucun citoyen conscient des enjeux ne peut le laisser passer", a-t-il martelé.

"Ce que Nicolas Sarkozy annonce, ou plutôt ce qu'on lui fait dire, c'est en toutes lettres la fin de l'Europe communautaire, celle où les pays sont dans une démarche coopérative et participent tous ensemble à la marche en avant de l'Union, celle aussi où des institutions sont en charge de défendre l'intérêt général européen en dialogue avec les légitimes intérêts nationaux", a poursuivi François Bayrou.

"Or ce que Nicolas Sarkozy dit, c'est que désormais, on fera l'Europe intergouvernementale et on comprend, entre les lignes, que c'est de l'intergouvernemental à deux, entre la France et l'Allemagne", fait-il valoir. Pour lui, "cette démarche est offensante pour les autres pays européens, totalement incrédible parce que personne ne l'acceptera, et fait courir un très grand risque de crise".

Pour le candidat centriste, "il y a eu beaucoup de dérives de la construction européenne et elles sont principalement le fait des traités de Nice et de Lisbonne qui l'un et l'autre sont indirectement ou directement l'oeuvre des gouvernements auxquels Nicolas Sarkozy participait ou qu'il présidait". "L'impression que j'ai à l'écoute et à la lecture de ce discours, c'est que dans une démarche irréfléchie, on danse sur une champs de mines", a-t-il conclu.

Par MoDem - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 10:11

 

1 décembre 2011

Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement Démocrate et eurodéputée, a pointé le manque d'ambition européenne et de plan cohérent face à la crise, dans le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Toulon, jeudi 1er décembre.

"Je ne suis pas convaincue par ce discours. Les Français sont extrêmement inquiets et je ne sais pas si Nicolas Sarkozy le ressent vraiment. Situation économique désastreuse, chômage très important, problème du pouvoir d'achat… Nous sommes dans une crise de l'euro, de l'Europe et de la dette", a-t-elle d'abord rappelé.

"L'Élysée nous avait annoncé un discours qui allait faire date, qui s'attaquerait aux problèmes de fond, qui serait une réponse à tout cela. Or, je n'aperçois pas de réponse ce soir. Je n'aperçois ni vision globale, ni plan d'ensemble avec des actions concrètes et cohérentes, qui permettraient de sortir la zone euro et en particulier la France de cette crise", a analysé l'eurodéputée.

"Je sais qu'il y a aura des efforts à faire en France, nous le disons depuis longtemps avec François Bayrou, mais nous avons aussi besoin d'une réponse européenne forte. Je ne l'ai pas aperçue ce soir. J'ai le sentiment qu'au fond nous ne maîtrisons pas notre destin, que nous ne le prenons pas à bras le corps et que nous attendons les positions d'Angela Merkel", a-t-elle pointé. "J'ai beaucoup de respect pour l'Allemagne, j'ai conscience de l'importance de l'axe franco-allemand, mais je ne crois pas à l'approche de Nicolas Sarkozy d'une Europe intergouvernementale. J'attendais que l'on renoue avec l'esprit communautaire, d'une Europe plus solidaire, plus unie, plus politique. Je n'ai pas non plus entendu cela ce soir", a-t-elle déploré.

Pour la première vice-présidente du Mouvement Démocrate, "c'est une évidence qu'il faut davantage de discipline de la part des États européens, mais pourquoi Nicolas Sarkozy ne l'a-t-il fait et fait respecter, depuis qu'il est élu ? Il y a eu une grande légèreté des dirigeants politiques français ces trente dernières années, de la part de la Gauche et de la Droite, y compris du président sortant. Cela fait des années que nous dépensons plus que ce que nous avons. Évidemment que cela provoque des déséquilibres", a-t-elle fustigé.

"Cette question de la dette, elle ne s'improvise pas, elle n'arrive pas soudainement aujourd'hui. Elle est là, années après années, depuis maintenant plus de trente ans. Gouverner, c'est prévoir. On ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy ait répondu à cette question", a conclu la députée européenne.

Par MoDem - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 13:37

 

 

 

0François Bayrou François Bayrou François Bayrou

François Bayrou a présenté son "Agenda 2012-2020", qui traduit sa méthode et sa démarche de gouvernance, mercredi 30 novembre lors d'une conférence de presse.

 

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames, Messieurs,

J’ai souhaité vous exposer la méthode que nous allons suivre, non pas pour établir un projet pour la France, mais pour confronter ce projet dans lequel nous sommes engagés depuis longtemps, en particulier depuis la publication de 2012 état d’urgence, avec l’expérience et les convictions des Français.

Nous avons adopté pour ce travail le titre "Agenda 2012-2020". Ce titre est une référence au travail qui a été initié par Gerhard Schröder, le chancelier social-démocrate, sous le titre "Agenda 2010".

Présenté en 2003, dans une période où l’Allemagne apparaît comme en situation de particulière faiblesse, où tous les observateurs notent qu’elle est derrière la France sur tous les sujets de comparaison économique, « tous les clignotants sont au rouge », le plan du gouvernement allemand a eu deux conséquences politiques : accessoirement, il a fait exploser la gauche allemande, avec la création de Die Linke, et principalement il a donné à son pays l’élan économique le plus remarquable d’Europe. Il suffit de rappeler que l’Allemagne partant du même niveau que le nôtre en 2004, il y a sept ans, réalise aujourd’hui près de 200 milliards d’euros d’excédents commerciaux, alors que nos résultats se sont effondrés jusqu’à atteindre le rythme de 75 milliards de déficits.

Il ne s’agit nullement pour nous d’imiter l’Allemagne. Chaque pays a son modèle de société, ses valeurs nationales, des atouts différents. Par exemple, au bénéfice de la France, une démographie dynamique qui contraste fortement avec la crise démographique qui entraînera en Allemagne sans doute un vieillissement préoccupant. Et cette démographie elle-même est à mettre en relation avec la politique familiale de notre pays. Chacun doit cultiver ses atouts et corriger ses erreurs, et ce ne sont pas les mêmes. Encore faut-il entreprendre l’un et l’autre. C’est de n’avoir pas identifié nos manques et nos faiblesses, et donc de n’avoir rien entrepris de sérieux pour les corriger que nous souffrons le plus aujourd’hui.

Il s’agit bien ici de la France et non de l’imitation aveugle de la démarche de nos partenaires allemands. Mais il s’agit d’agir, de décider, de gouverner.

C’est pourquoi cette rencontre est placée sous le patronage d’une maxime française : "gouverner, c’est prévoir".

Ce qui frappe quand on regarde les années qui viennent de s’écouler, et la profondeur de la crise, c’est qu’on n’a rien prévu, donc rien préparé, ni en France, ni en Europe. À long terme ou à moyen terme, les réactions de l’immédiat se sont succédé, souvent contradictoires, irréfléchies, obligeant chaque jour à corriger ou à effacer ce qu’on avait fait la veille. Réactivité, oui, oh combien, instantanée, assénant des certitudes oubliées le lendemain, pas de vision de l’avenir et pas de suite dans les idées. Comme si l’action politique n’était qu’une succession de décisions obsolètes sans rapport avec la précédente et d’ailleurs non plus avec la suivante.

Nous voulons réhabiliter le "gouverner c’est prévoir" et en faire une règle d’action.

Or tout était prévisible. La crise de la dette de la France était prévisible et inscrite dans les chiffres du pays. L’effondrement du commerce extérieur a commencé depuis le début des années 2000. La crise qui s’est déclenchée à partir des dettes des Etats européens était prévisible, en tout cas pour les pays du Sud dont nous sommes. L’impuissance des institutions européennes était dans le labyrinthe institutionnel qu’ont créé le traité de Nice et le traité de Lisbonne. Il est des responsables politiques qui ont vu venir tout cela, et qui l’ont dit.

Nous voulons réhabiliter le "gouverner c’est prévoir" dans une démarche de gouvernement et l’appliquer aux années qui viennent.

C’est pourquoi nous avons inscrit ces deux dates : 2012-2020. Pas au hasard, bien entendu. 2012, ce sera le point de départ du redressement du pays. Nécessairement. Car désormais plus aucune échappatoire n’est possible. Les chances de voir la France arriver sans alerte grave à l’élection présidentielle du mois de mai me paraissent bien ténues. Et l’année qui vient, avant l’élection pour le peuple, après l’élection pour les gouvernants quels qu’ils soient, sera celle des grands choix. Pour nous, 2012, ce doit être le point de départ d’une action qui ressemblera à celle que le Général de Gaulle décida d’entreprendre pour la France en 1958, où se ressaisirent en même temps les forces et la fierté du pays pour déboucher en peu d’années sur son rétablissement. Et 2020, c’est le basculement de la décennie, et l’horizon crédible, au-delà des cinq ans d’un mandat ou d’une législature, auquel le pays peut se représenter son avenir.

Nous allons donc partir du futur, des objectifs à huit années, pour en déduire l’action qu’il convient de proposer à un pays en état d’urgence. Si gouverner c’est prévoir, la gestion par objectifs est la bonne méthode à suivre.

Pour chacun des sujets que nous traiterons nous partirons donc du but qu’en 2020 nous voulons atteindre, nous indiquerons les mesures d’urgence à prendre en 2012, nous définirons les étapes intermédiaires, nous préciserons les textes qu’il conviendra de prendre. Non pas des vœux, mais des actes avec un calendrier.

Car des promesses, les Français en ont eu leur compte. Ils veulent du crédible, pas des annonces sans lendemain, pas des chantiers constamment repris. J’entendais hier qu’on nous annonçait une nouvelle nouvelle loi sur la délinquance des mineurs. Il y a en eu cinq en cinq ans. La dernière a été votée pendant l’été, elle n’est toujours pas entrée en application ! Et on annonce déjà la suivante !... Cette manière de gouverner, où la loi n’est que communication et dissimule l’impuissance à agir, c’est pour le citoyen ne plus rien croire et ne plus rien entendre. Je voudrais vous donner quelques exemples : nous voulons en 2020, une démocratie dont nous pourrons être fiers, pas une démocratie qui fait honte et dont on se détourne. On voit bien le but à atteindre : prévention des conflits d’intérêt, séparation des pouvoirs, en particulier indépendance de la justice et indépendance de la presse, fin du cumul des mandats exécutifs locaux et (au moins) du mandat de député à l’Assemblée nationale, représentation de tous les courants importants du pays en cette même Assemblée, redéfinition des compétences et du fonctionnement de la démocratie locale et de sa fiscalité. On voit ce qui peut être fait dès 2012, la plupart des décisions de principe peuvent être prises dans une loi cadre. Mais la définition d’un nouvel équilibre des ressources, d’une fiscalité locale rénovée ne peut guère être envisagée avant 2015. Les nouvelles règles s’appliqueront dans leur intégralité en 2017. Voilà ce que seront les grandes lignes de notre agenda démocratique. Cela ne coûtera pas un euro, et en fera même économiser.

Plus ardu, l’objectif économique. Nous savons ce que nous voulons obtenir en 2020 : un pays productif, dont le commerce extérieur sera redevenu excédentaire, dont le chômage aura baissé jusqu’à 5 pour cent, qui aura reconquis de grands secteurs aujourd’hui abandonnés, un pays où le pouvoir d’achat aura recommencé à croître, et où les comptes publics seront excédentaires pour que se résorbe progressivement l’immense dette accumulée pendant les trois décennies d’incurie, de légèreté coupable, 1981-2011.

C’est une action de longue haleine, dont il ne serait pas réaliste d’imaginer les fruits à court terme. Mais cela doit commencer dès le printemps 2012. Ma conviction, on verra en janvier et février si ceux qui ont expérience et expertise dans la société civile partagent ce point de vue, est que cela exige une mobilisation nationale de tous les corps intermédiaires depuis les syndicats de salariés jusqu’aux organisations d’entreprise, jusqu’aux associations de consommateurs, et évidemment jusqu’à l’État. Depuis les grandes entreprises jusqu’aux centrales de distribution. Tout le monde, autrement la bataille est perdue. C’est une action nationale, psychologique autant que technique.

Une loi-cadre devra être préparée pendant l’été, au-delà des mesures d’urgence qu’à n’en pas douter il conviendra de décider, adoptée dès l’automne 2012, mais cette loi cadre qui touchera à la fois la création d’un organisme stratégique, un commissariat au plan refondé, au droit social, au droit fiscal, à la reconnaissance dans la vie économique des entreprises petites et moyennes, à l’implication des consommateurs, ne pourra entrer en vigueur, étape par étape et texte après texte, que sur les trois ou quatre années suivantes. Encore faut-il que ces étapes soient prévues et inscrites dans un calendrier.

Mais l’urgence imposera, dès 2012, une loi de finances portant un plan d’ensemble, cohérent, complet qui imposera à la fois une baisse des dépenses publiques de l’ordre de 5 pour cent de celles-ci, et une mise en ordre de la fiscalité pour que le budget de l’État soit équilibré de 50 milliards de ressources supplémentaires.

Dans un autre domaine, et je m’arrêterai là pour donner des exemples, la France a l’ambition légitime d’être un pays qui traite aussi bien, pour elle-même et pour le monde, pour le court terme et pour le long terme, son patrimoine naturel, son patrimoine vivant, l’espace et les paysages, ses biotopes, l’atmosphère et le climat, que son patrimoine matériel et économique.

Cela exigera par exemple une grande loi-cadre sur l’énergie, grande loi qui ne peut être adoptée de manière sérieuse que si on la fait précéder d’un débat approfondi à destination des Français. Cette loi-cadre devra donner lieu à des lois ou des textes d’application destinés à favoriser la recherche sur les énergies renouvelables, par exemple, ou à garantir la pleine indépendance et la pleine efficience, des autorités de sûreté. C’est dans cette loi que sera défini le « mix » énergétique, c’est-à-dire l’équilibre à trouver dans la longue période de transition qui offrira un jour, je l’espère et je le crois, à l’humanité et à nos sociétés des sources d’énergie sans nuisances.

Ces textes devront être sobres dans leur expression, lisibles par tous, non pas abscons et labyrinthiques comme on en a hélas pris l’habitude. Car inscrire son action sur le long terme, c’est aussi changer la philosophie des textes et jusqu’à une certaine idée du droit. Pardonnez-moi de citer en exemple la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. En trois pages lumineuses, d’accès immédiat, un texte visionnaire a fixé un cours nouveau pour l’humanité. Autre maxime française : ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Notre ambition en définissant les textes à préparer et à voter sera aussi d’en changer la substance, réconciliant ainsi la loi et le citoyen, qui est censé ne jamais l’ignorer, mais à qui elle est rendue incompréhensible.

Nous avons fixé cinq rendez-vous, cinq forums, qui prendront une forme assez inédite. Le but, c’est la confrontation entre notre projet, notre vision, et l’expérience des acteurs de la vie réelle. Ce sont ces acteurs, plusieurs dizaines par sujet traité, qui réagiront à nos options de fond. Nous pourrons ainsi juger de la validité de nos choix.

Le premier de ces rendez-vous aura pour thème "urgent et durable : le développement de la France", le 14 ou le 21 janvier.
Le deuxième : "il n’est de richesses que d’hommes" : instruire, éduquer, former. Samedi 4 février.
Le troisième : "le nouveau contrat social" : sécurités et solidarités, le samedi 11 février.
Le quatrième : "le nouveau contrat démocratique", le samedi 25 février.
Le cinquième : "une nouvelle Europe pour un nouveau monde" : dimanche 4 mars.

Dans ce dernier forum, le sujet européen sera naturellement d’importance primordiale.

Mais comme l’actualité est brûlante, que des événements de grande ampleur, des événements graves sont en cours, permettez moi de saisir cette première occasion de vous livrer une vision de l’Europe, de sa crise et de son destin. "Gouverner, c’est prévoir" ! S’il est un domaine où rien n’a été prévu, où aucun cap clair n’a été dégagé, où les gouvernants ont choisi l’improvisation permanente et à courte vue, c’est bien cette crise européenne. Permettez-moi de vous le dire cette crise était d’autant plus prévisible qu’elle est une crise politique.

C’est une crise de la dette, et rien n’est plus politique que la dette. Ce ne sont pas les entreprises qui endettent l’État, pas les ménages, même pas les banques, c’est bien au contraire l’État qui endette les entreprises, les ménages et les individus. Autant la crise de 2008 a été, nous l’avons dit à l’époque, après une hésitation initiale, convenablement gérée, autant la contagion de celle-ci a été sous-estimée, et n’a trouvé en face d’elle aucune des réponses que la situation exigeait. La crise exigeait que l’Europe choisisse une stratégie solidaire, elle a choisi la stratégie de la dispersion.

La thèse que j’ai défendue, depuis dix-huit mois, a toujours été la même. L’urgence devait imposer la sécurisation par les institutions monétaires et politiques de la zone euro des dettes souveraines des États de la zone euro. Car dès l’instant qu’on laissait s’introduire dans les esprits la perspective d’un défaut total ou partiel, large en tout cas, d’un des États de la zone euro, alors tous les États de la zone seraient regardés comme pouvant éventuellement faire défaut. Et il n’était qu’une institution qui pouvait assumer cette garantie, c’était la Banque centrale européenne ou une institution adossée à la banque centrale européenne. On a choisi de ne pas le faire. Nous en payons le prix, et je crains que nous n’ayons à payer ce prix bien plus lourdement encore.

C’était une vision, claire, un message indiscutable. Au lieu de ce message, on a choisi la stratégie des Curiaces, chacun pour soi, en tout cas jamais tous pour un, et ce qui devait arriver est arrivé : de proche en proche, la contagion a gagné et tout le monde est maintenant soumis au soupçon, et le soupçon se paie en taux d’intérêt, et les pays endettés voient chaque jour s’alourdir la dette qui pèse sur leurs épaules.

La stratégie européenne que nous soutenons et soutiendrons s’articule en cinq impératifs :
- sécuriser la dette des États de la zone euro. Cela ne pourra se faire que par l’engagement de la Banque centrale européenne ou d’un organisme adossé à la Banque centrale européenne.
- Garantir le refinancement de la dette des États en difficulté à des taux raisonnables, et sur une période suffisante pour que réussisse leur effort de rééquilibrage de leurs finances publiques et de redressement de leur économie.
- En échange, négocier avec ces États les décisions nécessaires, dans la transparence, pour leur redressement, leur santé à retrouver, et la santé générale de la zone euro. Cela ne pourra être discuté qu’entre les États et une autorité européenne légitime et respectée. Cela exclut toute forme de prise de contrôle par « Bruxelles » des décisions des pays membres, tout renoncement à la responsabilité nationale. Au demeurant le besoin de refinancement dans des conditions acceptables suffit à soi seul à servir de puissante incitation. Si certains États refusaient les efforts nécessaires, ils seraient contraints dès lors de se financer aux conditions de marché.
- Cela pose la question de la légitimité démocratique des institutions européennes, de leur lisibilité auprès des citoyens. Le labyrinthe créé dans les institutions européennes, le fait que les citoyens ignorent tout de ceux qui portent cette responsabilité est un handicap grave. Ce handicap ne pourra être surmonté que par un double mouvement : mouvement de simplification, nous sommes pour la fusion en une seule responsabilité du président de la commission et du président du Conseil, et pour l’élection de ce président, un jour au suffrage universel, et en attendant éventuellement par un congrès qui réunirait à parité les représentants des parlements nationaux et le parlement européen.
- Enfin, cela oblige à retrouver les principes de la méthode communautaire, où une commission de plein exercice est en charge de la défense de l’intérêt général européen, et de la proposition, où chacun des Etats autour de la table est respecté, à égalité de dignité, et où les minorités sont respectées.

Je voudrais affirmer ceci : l’Europe, comme la France, ne s’en sortira que par ses seules forces. Je réprouve les annonces répétées d’appel au Fonds Monétaire International, comme les suppliques récemment adressées à la Chine. On ne peut pas être la première économie du monde, le plus important marché, une des toutes premières démocraties, et s’avouer incapable de régler soi-même ses propres difficultés, avec énergie, volonté et solidarité. C’est accepter un déclassement que comme Président de la République française, je n’aurais pas accepté.

Gouverner, c’est prévoir. Gouverner, c’est vouloir.

Par François Bayrou - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 09:45

 

1 décembre 2011

 
François Bayrou

François Bayrou était l'invité de la matinale de France Info, jeudi 1er décembre. Il a appelé à "un gouvernement d'union nationale, comme en temps de guerre, où se réunissent les bonnes volontés du pays".

D'abord interrogé sur la situation européenne, le leader centriste a fustigé "les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy sur la refondation du capitalisme". "Qu'en reste-t-il ? Quel résultat ? Rien. Il devait réguler les marchés financiers, réguler le rapport de force entre les monnaies, contrôler les agences de notation, ... Il n'en a rien été", a estimé François Bayrou.

Pour le président du Mouvement Démocrate, en Europe, "le couple franco-allemand s'est de nombreuses fois agité. Certains ont même parlé de couple 'Merkozy". Mais il n'a pas permis à la zone euro de fonctionner". "Je défends l'idée d'une Europe coopérative. Tous les pays doivent être associés. Ils doivent assurer ensemble aux Européens et au monde entier que la zone euro est une zone de sécurité", a-t-il souligné. Le député des Pyrénées-Atlantiques a pointé une série de mesures concrètes qui permettraient selon lui d'éviter une aggravation de la crise : "Nous devons garantier aux pays en difficulté, non pas des subventions, mais des prêts à des taux raisonnables qui leur permettront de se redresser. En contrepartie, nous devons exiger de leur part davantage de discipline, au travers d'un dialogue renforcé entre les gouvernements concernés et les autorités européennes."

"L'Europe est le premier marché économique et la plus grande démocratie du monde. Lorsque la Californie est en faillite, les Etats-Unis n'appellent pas au secours le FMI ! J'ai eu honte lorsque l'Europe a demandé l'aide de la Chine. Aide que la Chine a par ailleurs refusé d'apporter. Il est nécessaire que l'Europe soit autonome et solidaire. Elle en a les ressources et la capacité", a-t-il poursuivi.

En France, "il est impossible d'affronter les difficultés qui viennent, sans un gouvernement d'esprit d'union nationale. L'affrontement d'un bloc contre l'autre n'aboutit à rien. Ce n'est ni la pratique du gouvernement actuel, ni l'alternance classique qui nous permettront de nous en sortir. Nous avons besoin d'un gouvernement comme en temps de guerre, où se réunissent les bonnes volontés du pays. Les femmes et les hommes politiques qui peuvent s'entendre sur les grandes stratégies pour l'avenir du pays doivent travailler ensemble", a-t-il appelé avec conviction.

"L'essentiel, à l'occasion de l'élection présidentielle qui arrive, c'est qu'on pose aux citoyens la question de leur avenir", a-t-il conclu.

Par MoDem - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 10:33

 

 

30 novembre 2011

 
François Bayrou

François Bayrou détaille son plan économique et sa vision de la construction européenne, dans une interview accordée au quotidien La Tribune et publiée mercredi 30 novembre.

 

Vous qui êtes un européen convaincu, pensez-vous que nous nous trompons de construction européenne depuis 1992 ?
En 1992, les peuples européens ne se sont pas trompés. Donner à l'Europe une monnaie unique était une démarche visionnaire qui a permis pendant des années d'apporter protection et vigueur à la zone euro. On a commencé à se tromper à partir du traité de Nice, puis du traité de Lisbonne. L'Europe est devenue illisible, et ses dirigeants n'ont pas su arrêter une stratégie claire, forte et solidaire face à la crise.

Dans le contexte de crise actuelle vous mettez en cause le fonctionnement de l'UE. Pas les marchés financiers ?
Les banques et les marchés financiers sont responsables de la crise de 2008. C'est indiscutable et sévèrement condamnable. Ils se sont lancés dans une politique déraisonnable, de prêts hasardeux et de contagion virale par l'intermédiaire de produits financiers tout aussi risqués et opaques. Mais dans la crise de 2011, la vérité oblige à dire que ce ne sont pas les banques qui ont "planté" les Etats mais les Etats qui ont "planté" les banques. Ce sont les États aveuglés et laxistes qui ont accepté une dette insoutenable, et exercé une pression forte et constante sur les banques pour qu'elles souscrivent sans limite et aux taux les plus bas possible, aux obligations d'Etat. Cette déraison généralisée a mis le feu à la maison. Et les États sont incapables de trouver une réponse construite et fiable.

Comment en est-on arrivé là ?
Il y a eu dès les premiers jours de la crise une faute stratégique. Dès lors qu'on s'accommodait à l'idée qu'un Etat de la zone euro pourrait faire défaut, même partiellement, il devenait évident que la contagion du soupçon allait s'introduire à l'intérieur de la zone. Et dans une zone économique et monétaire, la contagion du soupçon est mortelle. Ce que je défendais dès le premier jour il y a deux ans c'était que les institutions de la zone euro devaient à tout prix, avec toutes les contreparties nécessaires, assurer la dette des Etats qui la composent. Il fallait, et il faudra de toutes façons, que la BCE, ou une institution adossée à la BCE, devienne l'assureur de cette dette, en permette le renouvellement le temps nécessaire au redressement, et que cette assurance soit équilibrée par des injonctions adressées aux Etats concernés pour qu'ils fassent le nécessaire pour retrouver leur équilibre national.

La BCE a racheté de la dette, pas loin de 200 milliards d'euros...
Oui, mais en le faisant sans le dire, tout en le laissant vaguement entendre. Cette absence de stratégie claire était périlleuse, en particulier pour nous car parmi les Etats de la zone euro, le pays dont la distance était la plus grande entre la réalité et sa réputation, entre sa notation et ses chiffres réels, c'était la France. La crise majeure ainsi créée débouchera sans aucun doute et inéluctablement sur l'intervention de la BCE. On fera au final ce que l'on aurait du faire depuis le début mais cela coûtera 30 fois plus cher. L'Europe et la zone euro vont mal. Il y a là quelque chose de très confus, chaotique, inefficace et impuissant, alors qu'on attend exactement le contraire : clarté, capacité, rapidité, efficacité, lisibilité. C'est pourquoi il faudra des changements institutionnels et surtout de pratiques institutionnelles.

C'est-à-dire ?
Le premier critère en démocratie, c'est qu'on sache qui fait quoi. En installant à la tête des institutions européennes des dirigeants sans notoriété et sans lisibilité, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, pour se mettre eux en avant, ont commis une faute politique. Il faudra un vrai président pour l'Europe. Président élu au suffrage universel, ou, dans un premier temps, élu par un congrès représentant à parité les parlements nationaux et européen, qui donnera à l'Europe un visage et une vision de l'avenir, et auprès de qui les citoyens puissent se faire entendre.

Vous envisagez un scénario catastrophe ?

Mais au scénario catastrophe, on y est. Qui peut prétendre aujourd'hui que la situation de l'Europe est satisfaisante, ou même à peu près correcte ? Il faudra, qu'on le veuille ou pas, sécuriser la dette souveraine des États de la zone euro. Il faudra donc inventer un mécanisme de coresponsabilité, notamment sur les sujets économique et budgétaire, entre les Etats membres de la zone euro et les institutions de celle-ci. Il n'est pas réaliste de croire qu'un abandon de responsabilité fera que « Bruxelles » commandera à la place des dirigeants dans les pays qui les ont élus. Il n'est pas imaginable que le pouvoir politique soit transféré à des techniciens encore moins à des mécanismes aveugles. Les peuples ne l'accepteront pas. C'est en Européen de conviction et d'engagement que je vous le dis. J'ajoute que si j'avais été en responsabilité, jamais je n'aurais accepté que le FMI entre dans le sauvetage de la zone euro.
La BCE s'y est opposée....
Jean-Claude Trichet avait raison. C'est un abaissement de l'autorité et de la légitimité de la zone euro. C'est du même ordre que d'avoir adressé des suppliques à la Chine. Dans l'histoire, on ne s'en tire au bout du compte que par ses seules forces. En rassemblant ses volontés et sa fierté.

Comment jugez-vous la manière dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont traité l'ancien Premier ministre grec, Georges Papandréou ?
Il avait fait une faute en n'avertissant pas - c'est d'ailleurs controversé - qu'il envisageait un référendum. Mais j'ai trouvé maladroite sa mise en accusation publique et sa mise au ban de l'Europe et le mépris qui l'accompagnait. Pour moi, le référendum était une démarche démocratique et juste. L'Europe ne s'en sortira qu'avec les peuples, et en retrouvant une authentique démarche communautaire.

Vous êtes à nouveau candidat à la présidence de la République. Quel regard portez-vous sur la situation économique et sociale de la France ?
Ce qui me frappe, c'est l'absence de réflexion et de prévision sur la situation du pays et sur les causes de ses faiblesses : déficit, dette, chômage, modèle social en crise, absence de capacité fiscale, etc. Or, la cause de tous ces maux est parfaitement indentifiable : on ne produit plus en France et, partant, on a laissé se créer une hémorragie cataclysmique du commerce extérieur. Cette situation relève d'un double paradoxe. Premièrement, la France est l'un des pays les plus technologiquement avancés au monde. Nous savons faire des fusées, des avions, de la pharmacie, des voitures. Nous avons gardé le sommet de la pyramide de production, mais nous en avons perdu la base. C'est cela qui est la cause de notre déstabilisation. Deuxièmement, ce n'est pas le chemin qu'on suivi les autres pays européens. L'Allemagne, l'Italie, la Belgique, avec la même monnaie et les mêmes salaires que les nôtres, ont gardé de larges gammes de produits. Nous c'est table rase. Tous ces problèmes sont liés. Un pays qui voit s'enfuir 75 milliards d'euros de ses ressources nationales, notre déficit commercial, et dans lequel, parallèlement, il y a une augmentation constante du nombre des foyers, cela conduit à une baisse du pouvoir d'achat, au chômage, à une crise des service publics. Alors la tentative désespérée, c'est le déficit pour continuer de soutenir un niveau de vie qui, en réalité, n'est plus équilibré par suffisamment de ressources. Et au bout du chemin, il y a le surendettement.

Que préconisez vous alors ?
On ne peut pas redresser le pays, y compris ses finances, sans un plan pour se remettre à produire en France. Dans tous les domaines, agricole, industriel, culturel, numérique, de services. Il faut à tout prix équilibrer notre commerce extérieur. Certes, c'est très compliqué. Cela exige que l'on fasse de ce sujet une obsession nationale. J'en viendrais volontiers à repenser un Commissariat au Plan, un lieu où tous les acteurs concernés seraient appelés à se retrouver pour définir une stratégie nationale de soutien à la production. Nous avons des grandes entreprises qui maîtrisent les technologies les plus contemporaines. Grâce à des mises en réseau, elles devraient pouvoir les mettre à disposition des PME. Nous avons aussi la chance d'avoir des réseaux de distribution parmi les plus puissants de la planète, c'est un impératif national qu'ils portent une part de la production de notre pays. Ensuite, il y a un travail énorme à consentir sur l'image de marque de nos produits, comme l'a fait l'Allemagne qui jouit d'une compétitivité hors coût nettement supérieur. Il faut impliquer le consommateur français en mettant en place un label qui lui permette une consommation responsable. Il faut reprendre et stabiliser notre droit du travail, inadapté, trop complexe et trop changeant, ce qui décourage les investisseurs. Ce que nous avons à assumer est du même ordre de grandeur qu'au moment de la reconstruction du pays à la Libération. Et cela exigera des réponses politiques inédites.

Justement, sur le thème de la compétitivité, quelle est votre position sur l'instauration d'une "TVA sociale" ?
J'ai autour de moi des défenseurs acharnés de la TVA sociale, comme Jean Arthuis. Moi, je suis moins convaincu. Mais le débat est ouvert. Les transferts envisagés n'entraîneraient qu'une baisse marginale du coût du produit, peut être de l'ordre de un pour cent, mais risquent, en revanche, d'être lourds pour le consommateur. Je crois au contraire de mes amis que la question du coût du travail n'est pas la plus fondamentale, et heureusement, s'agissant de la créativité du pays.

Quelles sont vos autres orientations en matière fiscale et sociale ?
D'abord, il faut rappeler que c'est dans la baisse des dépenses que se trouvera la première étape du rééquilibrage. Sur les plus de mille milliards de dépense publique, on doit économiser 50 milliards (c'est à peine 5 pour cent), ventilés en 20 milliards pour l'Etat, 20 milliards pour la Sécurité Sociale et 10 milliards pour les collectivités locales. Rien de tout cela n'est facile, mais dans un plan d'ensemble, sérieux, cohérent, 5 pour cent d'économies, c'est accessible. Mais il est vrai qu'il faudra aussi des recettes supplémentaires : je préconise, s'agissant de l'IRPP de porter à 45 pour cent l'actuelle tranche à 41 pour cent et je souhaite, à partir d'un haut niveau de revenu, une nouvelle tranche à 50 pour cent. Je pense aussi qu'il faudra augmenter le taux de TVA normal de deux points. Il faudra bien par ailleurs regarder les niches fiscales où de 20 à 25 pour cent d'économies peuvent être trouvées. Au total, on devra récupérer 50 milliards par an.

Et l'impôt sur la fortune ?
Mon projet en matière d'ISF est très simple : attribuer au patrimoine, hors outil de production, un revenu théorique annuel, par exemple de 0,5 pour cent, et l'introduire dans le revenu imposable de l'IRPP.

Sur les retraites quelle est votre position ?
La réforme des retraites est à faire, l'actuelle n'est en réalité pas financée et ne règle rien à long terme. Je souhaite aller vers un régime par points, individualisé, à droits acquis reconnus.

Que pensez-vous du débat sur la place du nucléaire dans l'énergie en France ?
Cela demande une réflexion de fond, sérieuse. Quelle est la question environnementale principale ? Si les scientifiques ont raison, la première menace, c'est celle du réchauffement de la planète par l'émission de gaz à effet de serre dus à l'utilisation massive de carburants fossiles. De manière stupéfiante, ce débat semble avoir disparu. La question du nucléaire doit être étudiée à cette aune. La part du nucléaire dans la consommation d'énergie en France n'est que de 16 à 17 pour cent. Plus de 75 pour cent provient des énergies fossiles (essence, diesel, fuel, charbon...).

Pour le nucléaire, si nous avions de vraies assurances sur la sécurité des centrales - sécurité prise au sens large -, je considère que ce serait une bonne énergie de transition entre la situation actuelle et l'énergie la plus décarbonée possible dans trente, quarante, cinquante ans. J'espère qu'à une ou deux générations s'ouvrira le temps des énergies sans nuisance (solaire, éolien, hydrolien, biomasse, géothermie, hydrogène). Pour l'instant, le compte n'y est pas. Car s'il s'agit de remplacer la production d'électricité nucléaire par de l'électricité produite à partir du carbone fossile, on va à l'encontre de l'objectif principal que l'humanité doit poursuivre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Pour autant, les politiques ont le devoir de poser deux questions sur le nucléaire. Première question : est-ce que les opérationnels sont capables de maîtriser le disjoncteur. C'est-à-dire d'être capable à 1.000 pour cent d'interrompre la réaction nucléaire s'il y a un accident et, ensuite, d'être capables, la réaction interrompue, de continuer à refroidir le cœur pendant le temps nécessaire. Deuxième question tout aussi importante : existe-t-il un scénario crédible à l'échelle des prochaines générations - trois, quatre générations - de retraitement des déchets nucléaires. Je veux bien que l'on prenne le risque de confinement pendant trois ou quatre générations mais nous ne pouvons pas accepter que, pendant 10.000 à 20.000 ans, la planète se trouve soumise à cette menace silencieuse. L'humanité peut s'engager pour quelques générations, elle ne peut pas s'engager pour des milliers d'années.

Il faut donc organiser un débat national autour du « mix » énergétique. Nous avons le droit et le devoir comme nation d'y réfléchir, de trancher au Parlement ou par referendum, mais ce que je récuse absolument c'est que l'on règle cela sur un coin de table entre des gens qui ne savent même pas ce qu'ils écrivent.

Si vous êtes élu, que ferez-vous de la loi Hadopi ?
Les droits d'auteurs, tout le monde y est sensible. Mais je n'ai jamais cru à Hadopi. Prétendre contrôler les pratiques d'internautes sur Internet est dangereux, et cela ne se fera pas. Cela signifierait un contrôle perpétuel sur les échanges privés. Il y avait le peer-to-peer, maintenant c'est le streaming que l'on veut contrôler, après ce sera quoi ? L'idée d'une licence globale, qui dégage une ressource chargée de compenser le manque à gagner des créateurs, a toujours eu ma préférence. Ainsi le téléchargement devient légal et les créateurs n'y perdent pas. Cette solution est d'ailleurs en train de se mettre en place, sans intervention de l'État, avec des sites comme Spotify ou Deezer, qui contre abonnement donnent accès à la totalité de la musique produite, avec versement aux auteurs et interprètes à proportion du nombre d'auditions. Cela se fera aussi pour le cinéma.

Que répondez-vous quand Hollande vous propose d'entrer dans son gouvernement ?
Ou que l'UMP fait de même... La même chose : je suis candidat pour changer le scénario dont on voudrait nous faire croire qu'il est déjà écrit, le perpétuel UMP/PS. Et j'ai fait la preuve que c'était possible. Deuxièmement, ce que révèlent ces appels divers c'est une réalité : ils savent bien, les uns et les autres qu'ils ne pourront pas gouverner dans la crise qui vient avec la majorité qu'ils affichent. Les temps sont exceptionnels, il faudra une réponse exceptionnelle, inédite, plus large, plus rassembleuse, c'est cette certitude qui me fait me présenter devant les Français.

Par MoDem - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 10:07

 

27 novembre 2011

 

François Bayrou

François Bayrou a accordé une grande interview au journal Le Parisien, dimanche 27 novembre, dans laquelle il défend, pour s'en sortir, "la force de la marque France" et la "reconquête de notre production".

Vous voilà donc candidat...
La France a un besoin vital de trouver une démarche politique nouvelle. J’entrerai en campagne par un message aux Français entre le 5 et le 8 décembre à Paris et je tiendrai un premier meeting festif, chez moi, à Pau le week-end suivant. Autour de moi, des personnalités d’horizons différents se retrouvent, d’autres qui s’étaient éloignées reviennent. Nous allons au combat pour être au second tour et l’emporter, sans manœuvres, ni compromissions.

C’est la troisième fois. Comment vous renouveler?
Les choses sont plus claires aujourd’hui. D’abord parce que tout le monde sait maintenant que pour nous l’indépendance n’est pas un vain mot : le centre existe par lui-même, il peut s’adresser à tous les Français, pas seulement à un camp. Ensuite, la situation du pays montre à tous les regards que j’avais raison en 2007 en avertissant du drame qui se préparait à coups de déficit et de dettes accumulées. Enfin, tout le monde sent bien qu’il va falloir, pour en sortir, trouver une nouvelle approche politique et accepter, pour gouverner la France en cette période exceptionnelle, un esprit d’union nationale. Je pense être le seul à porter légitimement une telle démarche devant les Français.

Vous visez Hervé Morin qui déclare aujourd’hui sa candidature?
Le président de son propre groupe a l’Assemblée (NDLR Yvan Lachaud) a déclaré que son parti avait choisi la réélection de... Nicolas Sarkozy! Tout est dit.

Etre au second tour n’est ce pas irréaliste?
Les candidats UMP et PS sont évidemment favoris, mais correspondent-ils à ce que les Français attendent aujourd’hui d’un président ? Cela, c’est la campagne qui le dira...

Sarkozy et Hollande sont vos principaux adversaires?
Il est frappant qu’ils ne correspondent, ni l’un, ni l’autre, aux exigences de l’heure: Nicolas Sarkozy a fait marche arrière sur toutes ses décisions, donc il s’était trompé sur l’essentiel. Y a-t-il un seul Français qui puisse dire que sur un seul sujet la situation du pays depuis cinq ans s’est améliorée ? Que chacun s’interroge ! Même sur les thèmes qu’il avait lui-même mis en avant : pouvoir d’achat, croissance, sécurité, immigration, il n’y a eu aucun progrès, au contraire. Il n’a jamais voulu concilier effort et justice. Et le climat de confrontation violente qu’il a fait régner est très malsain. De l’autre côté, François Hollande s’est mis deux boulets au pied. D’abord en votant et en acceptant le projet insoutenable du PS: ni les 300 000 emplois jeunes; ni l’allocation pour étudiants, ni les 60 000 postes dans l’éducation, ni le retour à la retraite à 60 ans ne seront évidemment possibles. Ensuite en engageant sur l’avenir du pays une négociation d’appareil avec les Verts, qui, dans sa forme, met à mal la démocratie directe de l’élection présidentielle, et qui est sur le fond déraisonnable.

Que voulez-vous dire?
Décréter sur un coin de table le nombre de réacteurs nucléaires qu’on va fermer d’ici 2025 est insensé. Car, ou bien il y a danger majeur et on ferme tout. Ou bien, ce n’est pas le cas, et alors on prend le temps de réfléchir. Y ajouter, sans le dire à personne, l’engagement de supprimer le droit de veto au conseil de sécurité des Nations Unies, c’est encore plus grave. Car là est le signe que la France est devant les nations une puissance morale qui par sa seule voix peut empêcher qu’une action injuste soit protégée par le droit international. Je vous rappelle que c’est grâce à l’existence de ce droit que Jacques Chirac a pu s’opposer à ce que la guerre en Irak soit une action de l’ONU qui nous aurait engagés. Nous portons donc ce veto non seulement pour nos intérêts nationaux, mais en protecteurs de la démocratie et du Droit dans le monde.

Quel est votre plan anti-dette?
D’abord, s’attaquer aux causes de la dette et du déficit. Pourquoi empruntons nous pour boucler nos fins de mois? La raison en est que la France ne produit plus sur son sol de quoi satisfaire ses besoins. 75 milliards d’euros s’en vont chaque année soutenir les économies voisines, affaiblissant ainsi l’emploi et le pouvoir d’achat. Produire de nouveau en France et y consacrer toutes nos énergies, voilà le seul chemin pour en sortir.

Avec la même monnaie, pourquoi les Allemands s’en tirent ils mieux?
Ils continuent à produire haut de gamme. Les Italiens et les Belges aussi, pour ne parler que de nos plus proches voisins, continuent aussi à produire. La bataille ne peut être gagnée qu’en retrouvant la force de la "marque France".

Perdre notre triple» A» serait-il si grave?
Poser la question, c’est la preuve que tout le monde s’habitue à cette issue ! La sanction de nos déséquilibres est inéluctable. En 2005, la France et l’Allemagne ont décidé de ne plus respecter le pacte de stabilité. Jacques Chirac était alors Président et Nicolas Sarkozy ministre de l’Economie. Le pêché originel est là ! On en paie le prix aujourd’hui.

Vous en appelez à une nouvelle démarche politique? Laquelle?
Il faut un gouvernement dont l’esprit soit d’union nationale. Les forces politiques qui se sont succédé au pouvoir devront accepter de regarder la situation avec lucidité et prendre, sans renier ce qu’elles sont, leur part de l’effort de redressement

Un gouvernement d’experts comme en Italie?
Non, je ne crois pas aux gouvernements d’experts. Un gouvernement doit avoir une légitimité confiée par les citoyens.

Les politiques ont ils baissé les bras face aux marchés?
Les marchés ne font que sanctionner l’incurie des politiques. Ce sont les Etats qui ont décidé de dépenser plus qu’ils ne le pouvaient. Leur responsabilité est entière.

Faut-il autoriser la Commission européenne à superviser les budgets des Etats?
Les peuples n’accepteront jamais que des personnalités non élues s’instaurent en décideurs depuis Bruxelles. Mais on doit et on peut accepter une coresponsabilité.

Les positions prises à Strasbourg par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy vont-elles dans le bon sens?
Refuser de mettre au point un mécanisme de sécurité pour la dette des Etats de la zone euro est une imprudence qui se paiera au prix fort. L’Europe aurait dû apparaitre comme une place forte. Là, on attend que le feu ait envahi la maison ! Si j’avais été en situation de responsabilité, jamais je n’aurais accepté que le FMI soit appelé en Europe. Quand la Californie fait faillite, les Etats-Unis n’appellent pas le FMI au secours ! Et on s’est doublement humilié en appelant la Chine à l’aide et en essuyant son refus.

Que pensez vous du duo «Merkozy» ?
Que c’est une déviance. Avoir voulu installer un condominium franco-allemand, Merkel-Sarkozy à la tête de l’Europe est une erreur qui ne durera pas et que nous paierons très cher!

Faut-il accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales?
J y suis favorable lorsqu’ils sont là depuis 10 ans, en situation régulière, paient leurs impôts. Un citoyen roumain présent en France depuis 6 mois, sans implantation, peut voter pour le maire de la commune, alors qu’un citoyen marocain travaillant et vivant chez nous depuis 30 ans est interdit de vote local ? Est-ce logique ?  

Par Mouvement Democrate - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Bienvenue

 

Bienvenue sur le blog Gagny en mouvement, site d'actualité politique locale, animé par l'équipe du MoDem Gagny.
PATRICK BRUCH
Tête de liste aux élections municipales 2008.
 Délégué départemental du MoDem de Seine Saint-Denis.

Démocrates !

  Cliquez sur les icônes!

 

 Génération Démocrate

Agir ensemble

Vous souhaitez  :

- avoir plus d'information sur notre projet pour Gagny ?
- soutenir nos initiatives ?
- nous rejoindre ?
- connaître notre position sur un dossier municipal ?

Nous contacter :

Laissez-nous un message ici 

ou par email :

contact@gagnyenmouvement.com


Recherche

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés