Lundi 5 décembre 2011
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4 décembre 2011
François Bayrou était l'invité de l'émission Le Grand Jury, sur RTL et LCI en partenariat avec Le Figaro, dimanche 4 décembre. Il a défendu
"la reconquête de la production française" et prôné "un label qui indique la part du produit provenant de notre sol".
"Il n'y a pas une crise, mais deux. On se trouve à leur épicentre. D'une part une crise française, car nous ne produisons plus suffisamment, d'autre part une crise
de la zone euro. Cette dernière n'est pas celle de la monnaie, mais de la dette accumulée par les Etats. Le secteur privé n'est pas en cause, les responsables sont les gouvernants. Le monde s'est
aperçu que les Etats européens ne pouvaient pas rembourser leur dette et qu'un pays en difficulté n'était pas protégé, alors le doute s'est installé", a d'abord analysé le député des
Pyrénées-Atlantiques.
"Dans cette situation explosive, c'est une erreur de penser que l'Europe peut se conduire à deux. On ne peut pas avoir deux pays qui s'instituent en patrons, de
manière condescendante. Nous avons tous vu les images de ces conférences de presse franco-allemandes qui n'aboutissent à rien. Le couple franco-allemand doit être un ferment, un entraineur, mais
pas se placer en commandant. Dans les circonstances actuelles, il faut défendre le modèle communautaire. Ce modèle, c'est la méthode coopérative que nous connaissons bien dans le monde agricole.
Elle permet de conserver la liberté de chacun tout en construisant un outil commun", a-t-il défendu.
"J'ai été humilié lorsque l'Europe a demandé l'aide de la Chine. On a besoin d'un sursaut de fierté et d'indépendance. C'est de nos seules forces qu'on s'en tirera.
L'Europe est le premier marché et la première démocratie au monde", a poursuivi François Bayrou.
"Il faut des mesures européennes fortes. D'abord, sécuriser la dette des Etats de la zone euro, puis permettre aux Etats en difficulté de se refinancer à des taux
acceptables, pour qu'ils puissent se reconstruire. Si les taux d'intérêts augmentent, nous ne pourrons plus en assumer la charge. En échange de ces taux abordables, il doit y avoir un dialogue
exigeant entre les prêteurs et les Etats en difficulté. Je prône notamment une Cour des comptes européennes, qui vérifie la véracité des chiffres fournis par les États", a proposé le candidat
centriste.
"La France est vis-à-vis de ses voisins dans une situation au bas du tableau, elle décroche, car elle ne produit plus suffisamment. Nous devons rééquilibrer nos
comptes et retrouver l'élan de notre production. En ce sens, le programme de François Hollande est insoutenable, il ne sera pas appliqué car il n'est pas applicable, il sera ruiné par la
réalité", a pointé le président du Mouvement Démocrate.
"Pour ma part, je ne propose pas du sang et des larmes, bien au contraire, je propose le seul chemin vers l'optimisme. Trois axes sont pour moi essentiels : baisser
les dépenses publiques raisonnablement, augmenter les impôts raisonnablement, donner un élan fort à notre production. La France dépense 1050 milliards d'euros par an, elle doit économiser 50
milliards pour revenir à l'équilibre, c'est un but qu'il est possible d'atteindre. Je soutiens le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, mais pas de manière aveugle. La réforme de l'État
ne peut pas se faire à périmètre constant, l'Éducation notamment doit être sanctuarisée. L'éducation est vitale pour le pays, je ne la mets pas au même rang que les autres administrations du
pays", a-t-il insisté.
"Le gaspillage de l'argent public doit être combattu au niveau de l'État, des ministères, du Parlement, des collectivités. Les deux grands partis ont toutes les
collectivités locales, presque tout le Parlement, ils se sentent intouchables dans leurs gaspillages. En matière de réforme des collectivités locales, j'ai été le premier à proposer une rencontre
entre les départements et régions. Les régions doivent devenir des fédérations de départements, aujourd'hui la région est trop loin des citoyens", a soutenu François Bayrou.
"Nous devons également aller à la reconquête de notre production. Ce n'est pas normal que la France ait une image de marque inférieure à celle de l'Allemagne. Nous
avons des atouts, notamment dans le secteur culturel. Les films d'animation, les jeux vidéos, les programmes numériques, c'est aussi ça la production française. Nous devons recréer de
l'attractivité pour une production française positionnée sur le haut de gamme. Il n'est pas normal que les produits français est une image de qualité inférieure à celle des produits allemands.
Les citoyens doivent être acteurs de cette reconquête. Il faut comprendre que acheter Français, ce n'est pas un gros mot, c'est une démarche civique ! Je défends pour cela la transparence, au
travers d'un label que je détaille dans mon livre 2012, état d'urgence. On a fait un label Bio, un label Commerce équitable. Je souhaite un label Produit en France qui indiquerait la part du
produit provenant de notre sol", a-t-il conclu.
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