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Il voulait poser «un acte fondateur». Un peu à la manière d'un François Mitterrand avec son pamphlet Le coup
d'Etat permanent contre le général de Gaulle. Quinze jours après la sortie de son livre Abus de
pouvoir, tiré à 120 000 exemplaires selon les éditions Plon, François Bayrou conquiert le titre de «meilleur opposant»
à Nicolas Sarkozy. Un sondage Opinionway paru dans Le Figaro, samedi, le place loin devant Olivier Besancenot,
Martine Aubry, Ségolène Royal et Dominique de Villepin. C'est une première victoire. Le statut était jusqu'à présent détenu par Ségolène Royal.
Le scénario d'un 21 avril bis où le parti socialiste serait écarté du second tour de l'élection présidentielle en 2012, au profit cette fois du centriste François Bayrou et non plus de Jean-Marie Le Pen (Front national), ne relève plus de la science-fiction. Pour 44% des Français interrogés par Opinionway, Bayrou pourrait devancer le candidat socialiste, contre 40% qui l'excluent.
Alors qu'il n'est lui-même pas candidat aux élections européennes, il s'est installé brutalement au coeur de la campagne. Comment expliquer un basculement aussi rapide ? «C'est l'effet du livre, tranche Philippe Lapousterle, ancien journaliste, devenu conseiller de François Bayrou. Il tombe au bon moment. En pleine crise, les gens avaient besoin qu'on leur parle, pour de vrai. C'est le seul ouvrage vraiment construit sur la politique de Sarkozy. Avant, ses critiques portaient moins, les gens pouvaient penser qu'il était dans le registre du soupçon. Mais là, après deux ans de présidence sarkozyste, nous sommes sur des certitudes. Les gens qui l'ont lu ou entendu l'ont trouvé cohérent.»
Pour son conseiller, il est «en pleine métamorphose». En septembre 2001, après les attentats du 11-Septembre, le leader centriste, déjà en campagne pour préparer la présidentielle de 2002, avait jugé bon d'interrompre quelques semaines ses activités, craignant d'être à contre-courant des préoccupations des électeurs, traumatisés par la crise terroriste. «Cela a été sa plus mauvaise décision, estime Philippe Lapoustère, il y avait une crise, il fallait parler.» Cette fois, Bayrou a tiré les leçons. En pleine crise économique, la plus grave qu'ait connue le monde depuis 1945, il a choisi de s'exprimer, et surtout de briser les consensus. La présidence de l'Union européenne, que tous les partis saluaient ? La crise géorgienne que Nicolas Sarkozy se targuait d'avoir résolue, sans être démenti ? Le sauvetage des banques ? Le G20 présenté comme un succès? Sur tous ces sujets, il conteste la stratégie et la version du chef de l'Etat. Il dit ce que les socialistes ne s'autorisent plus. Ou alors si peu.
Le leader centriste représente un danger pour tout le monde. Pour le Parti socialiste, bien sûr, qui aurait bien du mal à survivre à un 21 avril bis. Mais
aussi pour Nicolas Sarkozy. Face au président du Modem au second tour d'une élection présidentielle, le candidat UMP serait en difficulté pour trouver des réserves de voix, pour capter
les électeurs du centre et de la gauche.
L'Elysée est inquiet. Faut-il y voir un lien de causalité ? Jeudi 14 mai, Jean-Pierre Raffarin, viceprésident du conseil national de l'UMP, a proposé d'engager une réflexion sur un scrutin à un seul tour pour «toutes les élections, présidentielle comprise». Bayrou y a immédiatement décelé «un nouvel exemple d'abus de pouvoir». «Nicolas Sarkozy n'a plus aucune réserve de voix de second tour. Il a sa base de 30 %, c'est tout. Il cherche à trouver la parade», explique l'entourage du président du Modem.
Même les Verts ne sont pas épargnés par l'effet Bayrou. Daniel Cohn-Bendit, la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France, l'accuse de détourner la
campagne des européennes à son profit, d'appeler à un vote sanction de Sarkozy au lieu de défendre un programme pour l'Europe. «Il y a
usurpation», s'indigne l'ancien leader de Mai-68. «Je ne distingue pas le vote national du vote européen», rétorque l'intéressé.
L'UMP est dans l'embarras. Officiellement, le parti du président feint d'ignorer le danger. «J'adopte la stratégie de l'essuie-glace, je balaye et je
poursuis la route», ironise Xavier Bertrand. Officieusement, les dirigeants ont bien compris qu'il n'était plus opportun de concentrer les attaques
sur Ségolène Royal, la cible favorite du parti majoritaire depuis deux ans. Dominique Paillé, le porte-parole adjoint de l'UMP et ancien centriste, a bien
tenté de porter la contradiction en publiant, dans la foulée de François Bayrou, Les habits neufs des faux centristes. Mais la mayonnaise du contre-pamphlet a bien du mal à prendre.
Défendre la démocratie en
AfghanistanAlors que la campagne des Européennes 2009 bat son plein et que les coups bas fusent de partout, certains politiques ont dépassé allègrement la ligne jaune en axant leurs campagnes sur le mensonge. L’exagération, les raccourcis ou la caricature font partie du lot quotidien des campagnes électorales, même si, au fond, nous avons un peu de mal avec cette approche de la démocratie.
Rappelons que notre charte des valeurs précise que la démocratie a vocation à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens et non de les abrutir en leur racontant des bobards. Aussi sommes-nous particulièrement agacés par ceux qui mentent et trahissent leurs électeurs, contribuant aussi à décourager, au fil des ans, les citoyens de croire en un avenir meilleur avec de fausses promesses que l’on sait parfaitement intenables.
Pour notre part, nous défendons avec force une autre façon de faire de la politique, plus respectueuse des citoyens et moins abrutissante. Nous avons l’intime conviction que nos concitoyens sanctionneront tôt ou tard ces pratiques dangereuses pour notre démocratie.
En attendant, chers lecteurs, je vous invite à garder en mémoire ces campagnes de propagandes destructrices pour les futures échéances électorales, lorsque ceux qui auront crachés sur vos idées, viendront tout sourire vous vendre leurs camelotes et chercheront à vous enfumer.
Extrait de l'article "Bayrou au centre
du jeu" paru dimanche dernier dans Le Parisien :
Son feutre spécial dédicaces à la main, François Bayrou sourit d’aise en voyant la longue file de ceux qui l’attendent. Comme Xavier, 37 ans, chercheur en
sciences : « Je n’ai aucune sympathie pour l’actuel président. Lire Bayrou me met de bonne humeur ! ». Evelyne et Chantal, 56 ans et 64 ans, sont venues du Raincy : « On apprécie la qualité
littéraire autant que les idées. » « Il décrit bien ce sentiment que quelque chose cloche. Le sarkozisme, c’est comme le réchauffement climatique : tout le monde sait qu’on court à la
catastrophe, mais on continue de rouler en voiture », assène Lester, interprète.
Concentré, Bayrou ne néglige personne et dédicace même un dictionnaire du potager que lui tend un petit garçon qui a confondu jardinage avec campagne… électorale. Il balaie les critiques : « Mon
livre parle aussi évidemment de l’Europe car on ne peut différencier le modèle de société français et le modèle européen. Notre destin collectif se décide autant à Paris qu’à Bruxelles »,
argumente-t-il. Bayrou, qui se réjouit d’apparaître comme le principal opposant au chef de l’Etat, s’amuse aussi de l’annonce par Bernard Tapie d’un livre contre lui : « Il faut d’abord qu’il
l’écrive », ironise-t-il.
Le MoDem Gagny était naturellement présent lors de cette visite, l'occasion pour nous d'échanger aussi avec Bernard Lehideux (député Européen, numéro 2 sur
la liste MoDem Ile de France) sur les derniers évènements de la campagne des Européennes.
Ci-dessous la liste des conventions nationales organisées avec accès direct à quelques discours et interventions (le reste étant sur le site mouvementdemocrate.fr). Ces conventions s’ajoutent aux 4000
réunions publiques organisées aux quatre coins de la France sur l’Europe (les plus proches organisées sur notre secteur étant celles de Chelles et du Raincy).
Dimanche 29 mars, première Convention thématique européenne sur le thème "La France et l'Europe face à la crise" à la Maison de la Chimie à Paris.
Intervention de Robert Rochefort, directeur du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des
conditions de vie) et tête de liste MoDem dans le Sud Ouest
Intervention
de Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, présidente de Cap21 et tête de liste aux Européenne sur la région Nord-Ouest
Discours de clôture de François Bayrou
Jeudi 9 avril, deuxième Convention thématique européenne sur le thème « Désenclaver les territoires, relevons le défi ! » à Montpeyroux (Puy-de-Dôme).
Intervention de Jean-Marie Beaupuy, député Européen MoDem et tête de
liste dans la région Centre
Intervention de Jacqueline Gourault, Sénatrice-Maire de la Chaussée-Saint-Victor, 1ère vice-présidente de l'Association des Maires de France
Discours de clôture de François Bayrou
Mercredi 15 avril, troisième Convention thématique européenne sur le thème "Politique agricole, politique de la mer : pour une approche nouvelle" à Bouin (Vendée).
Intervention de Marie-Hélène Aubert, députée européenne depuis 2004, élue de la circonscription Ouest, membre de la commission de la pêche et de la commission de l'agriculture et du développement rural
Discours de clôture de François Bayrou
Samedi 25 avril, quatrième Convention thématique européenne sur le thème "Europe : l'urgence sociale" à Hérouville-Saint-Clair (Calvados).
Programme
Intervention de Michel Legros, expert des plans nationaux des plans de lutte contre l'exclusion au sein de l'Union Européenne
Intervention de Philippe Arondel, économiste à la CFTC
Intervention de Jérôme Vignon, Directeur à la Commission européenne chargée de la protection sociale et de l'intégration
Discours de clôture de François Bayrou
Mercredi 29 avril, cinquième Convention thématique européenne sur le thème "Développement durable : pour une Europe pionnière" à Grenoble (Isère).
Intervention de Florence Mardirossian, candidate sur la liste européenne Sud-Est du Mouvement Démocrate, spécialiste des questions internationales et de l'énergie, secrétaire général de
l'Observatoire européen de géopolitique
Intervention
de Jean Jacquinot, physicien, ancien membre de la Commission européenne (Euratom), expert auprès d'ITER
Intervention
de Yann Wehrling, troisième de la liste européenne du Mouvement Démocrate dans l'Est, ancien secrétaire général des Verts, intervient sur le thème de la biodiversité et de la santé
environnementale
Discours de clôture de François Bayrou
Samedi 9 mai, sixième Convention thématique européenne sur le thème "L'Europe protectrice des libertés" à Metz (Moselle)
Intervention de Jean-Christophe Boyer, avocat au Barreau de Paris
Intervention de Gérard Deprez, fondateur du Mouvement des citoyens pour le changement en Belgique et membre du conseil du Parti Démocrate Européen
Intervention de Olga Odinetz, présidente de l'association Acalpa
Discours de clôture de François Bayrou
Mercredi 13 mai, septième Convention thématique européenne sur le thème "Quelle Europe pour quel monde ?" à Paris.
Intervention de Fabio Liberti, chercheur à l'IRIS et spécialiste des questions de défense européenne
Intervention de Michel Foucher, fondateur de l'Observatoire européen de géopolitique
Discours de clôture de François Bayrou
Dimanche 17 mai, huitième Convention thématique européenne sur le thème "Le modèle européen" à Montpellier.
Programme
Samedi 23 mai de 14h à 17h30 Conférence européenne du Mouvement Démocrate à l'hôtel Paris Marriott Rive Gauche.
A titre de comparaison, l’UMP a lancé sa campagne le 29 avril dernier soit 5 jours après la campagne du PS.
Nous vous invitons à consulter les toutes les interventions politiques et techniques par thème sur le site lesdemocrates.fr
François Bayrou a remporté une très belle manche politique après la sortie de son livre « Abus de Pouvoir », reconnu aujourd’hui pour être le Best Seller
politique avec 110 000 ouvrages édités un peu plus de 2 semaines après sa sortie. Bref, un succès incontestable qui irrite tant à droite qu’à gauche, au point que le PS et Cohn Bendit
préfèrent taper sur Bayrou plutôt que Nicolas Sarkozy. « Obsédé par la présidentielle », « touché par la vierge », « utilise la campagne des européennes pour satisfaire
ses ambitions », … bref, si Nicolas Sarkozy est inquiet de la montée en puissance de François Bayrou dans les sondages, il peut être satisfait d’avoir pour le moment une opposition diluée et
divisée.
Mais revenons à nos moutons : ces attaques sont-elles vraiment fondées ? S’il y a bien sûr un peu de vrai dans celles-ci, il y a surtout beaucoup de mauvaise fois et d’exagération.
La question de l’obsession présidentielle
Oui, François Bayrou pense beaucoup à la présidentielle et il ne s’en cache pas. Il sait très bien qu’à moins d’une dissolution de l’Assemblée Nationale, le grand rendez-vous susceptible d’apporter un vrai changement en France, c’est la présidentielle. En attendant 2012, Nicolas Sarkozy botte en touche toutes les propositions constructives de l’opposition. Si l’opposition constructive fonctionne dans certains pays, ce n’est pas le cas en France et ce, en grande partie en raison de l’absence de pluralisme au sein de nos institutions. L’UMP dispose aujourd’hui d’une majorité suffisante lui permettant de faire à peu prêt ce qu’elle veut. Lorsque la majorité parlementaire grince un peu des dents, il suffit de quelques coups de fouet et quelques menaces sur les prochaines investitures pour que le troupeau aille dans le sens voulu par l’exécutif (cf. l’épisode HADOPI). C’est triste, mais c’est la dure réalité défendue aujourd’hui par l’UMP et le PS. François Bayrou sait donc qu’avec un UMP en position de force et un PS agonisant, le seul moyen d’obtenir une alternance progressiste en 2012, c’est de se battre pour les présidentielles.
Est-il le seul à penser à la présidentielle ? Naturellement non. Beaucoup s’insurgent contre « l’ambition » de Bayrou pour mieux cacher la leur. Sarkozy, Copé, De Villepin, Juppé, Royal, Aubry, DSK, Delanoe, Hollande, ainsi qu’une bonne poignée de quadras du PS, … beaucoup affichent plus ou moins ouvertement leurs ambitions pour 2012.
L’absence de campagne Européenne de Bayrou
Celle-là, c’est la plus rigolote. Nous allons déjà commencer par un scoop : François Bayrou n’est pas candidat aux Européennes, contrairement à Harlem Désir ou à Cohn Bendit. En tant que leader du MoDem, il n’a aucune raison de restreindre sa communication aux élections Européennes. Aubry le fait-elle ? Et Bertrand ? Non. Les chefs de partis abordent les différents thèmes d’actualité dont les Européennes et ce sont nos têtes de liste qui, eux, font campagne avec le soutien de François Bayrou.
Le combat de François Bayrou contre les dérives Sarkozystes est un combat légitime et il est normal de s’opposer, y compris pendant les échéances électorales. Comme tout parti normalement organisé, ce sont aux candidats de faire leurs preuves et de se concentrer sur les thèmes de campagne. Contrairement aux autres partis, le MoDem a organisé près de 4000 réunions publiques sur l’Europe, soit en moyenne une par circonscription : connaissez-vous d’autres partis ayant eu une telle implication terrain ? Non. Nos candidats sillonnent inlassablement le terrain à la rencontre des citoyens pour parler des enjeux Européens et présenter nos idées. Le MoDem est le seul parti à avoir fait des propositions concrètes pour une nouvelle commission Européenne alors que le PS critique mais ne propose pas d’alternative crédible.
Le MoDem agit donc sur deux tableaux :
Résultat des courses, l’attitude des cadres socialistes pendant cette campagne fera au moins deux heureux : Nicolas Sarkozy et l’UMP. Alors que le parti majoritaire abordait lamentablement cette campagne avec des listes arrachées au forceps, des candidats peu enclins à être « exilés » au parlement Européen ou faisant une démonstration affligeante de leurs incompétences sur les questions Européennes, la campagne « anti-Bayrou » des socialistes occulte les vrais enjeux de la campagne, à savoir : souhaitons-nous le statu quo à Bruxelles ou au contraire une vraie dynamique progressiste en Europe ? Souhaitons-nous l’Europe des peuples ou l’Europe des magouilles entre nations ? Souhaitons-nous tirer les leçons de la crise pour réformer notre économie ou au contraire ne rien changer, du moins sur les questions qui risquent de fâcher ?
Voilà les grandes questions que nous abordons lors de nos réunions publiques. La propagande à papa ne fait que desservir les intérêts de nos concitoyens mais elle permet de masquer les vrais enjeux pour le PSE : limiter la déroute socialiste aux prochaines Européennes en vue des prochaines négociations avec la droite (cf notre précédent article). Le vote utile ne serait-il pas de mettre un terme aux magouilles entre le PPE et le PSE ?
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