Lettre d’information n°32 – novembre 2012
Ces dernières semaines, le Parlement européen a débattu de sujets importants, comme le budget de l´Union européenne ou les relations commerciales avec les pays émergents, la Chine en particulier. Sur ces sujets, j´ai à chaque fois défendu que le « plus » d´Europe était un bien pour la France, un bien pour une Europe qui, confrontée à la dépression économique, à la crise des finances publiques et à la menace qui pèse sur la zone euro, devrait non pas se replier frileusement sur elle-même, mais bien au contraire se projeter, aller de l´avant, et imaginer des solutions nouvelles pour son avenir.
En matière économique par exemple, et de commerce international, j´ai défendu, à l´occasion de l´ouverture par la Commission européenne d´enquêtes sur les prix anormalement bas auxquels sont vendus en Europe les panneaux solaires chinois, l´idée que nous ne pouvions pas nous satisfaire d´être seulement sur une position défensive, même si cela s´avère parfois nécessaire. L’Union ne doit pas hésiter à recourir aux instruments de défense commerciale qui sont à sa disposition, comme le font par exemple les Etats-Unis, dès lors que la loyauté des échanges n’est pas respectée. Mais L´Europe a aussi de nombreux atouts, en matière de recherche, de technologie, de ressources humaines, de créativité. Elle doit les valoriser. Et les mettre au service d´une véritable stratégie industrielle commune, accordant une place importante au développement des énergies renouvelables, porteuses de croissance pour l’avenir. Je pense en particulier à la nécessité d´avoir une stratégie européenne pour construire demain une filière photovoltaïque.
En matière de budget, j´ai défendu cette même ligne. La règle du chacun pour soi, et du chacun chez soi, dans les affaires budgétaires, comme dans les affaires économiques, n´a pas d´avenir. Le budget européen ne doit plus être la simple variable d´ajustement des budgets nationaux. Et l´exercice budgétaire ne doit plus être un compromis a minima. Si nous voulons qu´il soit utile aux européens, le budget doit être mis au service d´une vision politique. Pour ce faire, il faudra un budget européen digne de ce nom, financé enfin par une ressource propre, l´impôt sur les sociétés, ou la taxe sur les transactions financières, dès lors qu´elle sera appliquée par toute l´UE, et qu´une part importante sera réservée au développement, ou bien encore une taxe carbone sur les produits les plus polluants. Je fais le pari qu´à ce moment là les débats budgétaires tourneront enfin sur les vraies questions : la finalité des politiques publiques, les moyens de relancer la croissance, les investissements d´avenir. Nous y gagnerons en efficacité. Et ferons du même coup progresser l´idée d´une citoyenneté européenne.
En Europe, nous sommes à la croisée de chemins et presque à l´heure des choix. On le pressent dans les instances européennes où partisans du repli sur soi et partisans de plus et mieux d´Europe, forment finalement, au-delà de leurs différences de sensibilité politique, deux manières de penser qui s´opposent absolument. Nous aurons l´occasion d´en reparler car ce sera probablement là l´un des fils conducteurs des élections européennes à venir.
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