IL RESTE 499
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Robert Rochefort invité de Sud Radio à 17h30 |
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François Bayrou à Clermont Ferrand, à 18h30 dans la Grande Halle d’Auvergne de Cournon |
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Marielle de Sarnez invitée de Soir 3, à 22h40 |
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IL RESTE 499
JOURS
Les adhérents du Mouvement Démocrate se sont réunis en congrès le 12 décembre 2010. Ils ont ensemble examiné la situation de notre pays et de l’Europe, et les enjeux de la situation internationale.
La présente résolution exprime publiquement l’unité du Mouvement démocrate et explicite les orientations politiques que ses adhérents souhaitent suivre dans les années à venir.
1/ Les démocrates sont liés par leur choix d’indépendance. Ils sont unis par des valeurs morales auxquelles la société politique actuelle tourne trop souvent le dos, alors même qu’elles sont de plus en plus attendues par les citoyens.
Ces valeurs ont pour nom : vérité, loyauté, justice, respect du pluralisme. Ce sont les valeurs même de la démocratie, celles qui permettent que se construisent la conscience et la responsabilité des citoyens. En particulier, la mission des dirigeants est de dire aux citoyens la vérité sur la situation du pays et du monde, sur les choix qui sont faits en leur nom. Cette vérité est nourrie par la liberté et le pluralisme de la presse, par l’éducation civique, par l’information partagée. La vérité due aux citoyens est la clé de la confiance d’un peuple, comme la confiance est la clé de tout progrès.
2/ Ce sera la première mission d’une majorité nouvelle que de restaurer cette confiance.
La captation abusive des centres de décision et d’influence, l’utilisation artificielle et surabondante de la communication publique, les concessions excessives aux intérêts privés, le recours laxiste à la dette, les atteintes répétées à la séparation des pouvoirs, l’injustice de la représentation ont miné cette confiance. L’utilisation partisane et capricieuse de l’État a fragilisé son fonctionnement. Le pacte civique est à reconstruire. Cela passe par la lutte contre les discriminations, le retour à la séparation des pouvoirs et à l’Etat de droit, la restauration de l’indépendance et de la dignité de la Justice.
3/ Ce pacte de confiance est une des clés de la marche en avant du pays et de l’optimisme qu’il doit retrouver. Les Français sauront ainsi que les efforts à consentir, les réformes à conduire n’auront comme but que l’intérêt général. Ils se sauront défendus contre l’arbitraire et contre les influences souterraines d’intérêts particuliers. Ils auront la garantie que le souci du long terme inspire les décisions à prendre, et que les préoccupations du court terme sont remises à leur juste place.
4/ La qualité de l’éducation pour tous est le premier devoir de notre société. Elle est la seule chance d’un grand pays comme le nôtre. Tout en dépend, le destin des familles et le destin personnel des enfants, la réussite économique, la force de notre recherche, l’intégration des milieux sociaux défavorisés ou exclus, particulièrement des familles immigrées, l’image de la France dans le monde.
L’objectif que nous choisissons c’est que la France construise, ou retrouve, le meilleur système éducatif général et la meilleure formation professionnelle au monde. Cela passe d’abord par l’objectif national rigoureux et sans concession de la maîtrise des fondamentaux, et d’abord la lecture par 100 % des élèves.
Mais un tel objectif obligera à une meilleure prise en compte de la condition des enseignants, de la diversité des élèves, à une valorisation de leurs réussites, à davantage de souplesse, à une culture de la créativité et pas seulement de la reproduction.
5/ Notre priorité en économie, ce sera le développement et la relocalisation des productions industrielles, agricoles, de services et culturelles sur notre territoire. Cela passe par l’aide aux créateurs d’entreprises, la promotion de l’innovation, par la reconnaissance et le soutien privilégié aux petites et moyennes entreprises dont nous affirmons qu’elles doivent avoir les mêmes chances et recevoir le même soutien que les entreprises phares du CAC 40.
L’aide de l’État, investissement, soutien à la recherche, doivent ainsi être réorientés en direction de ceux qui en ont le plus besoin, qui sont les plus novateurs, qui créent le plus d’emploi, spécialement en outre-mer où les potentialités économiques sont importantes.
6/ Nous affirmons que ce développement de la production sur notre sol est hautement compatible avec un projet de développement durable, respectueux de l’environnement, de la terre, de l’air et de l’eau, et protecteur des générations qui viennent. Nous considérons de notre responsabilité de garantir aux générations qui nous succèderont un environnement sain, un pays équipé, et un avenir libre de dettes.
Plus généralement, nous voulons promouvoir une économie vraiment humaine dans laquelle chacun pourra exercer un travail créateur, qui mette fin au gaspillage des ressources et à la course à la surconsommation, qui privilégie l’amélioration de la qualité de la vie pour générer de la croissance, qui encourage toutes les forces coopératives et l’économie solidaire, qui demande aux services de l’Etat et qui impose aux acteurs financiers et bancaires d’être au service de ces objectifs.
Nous affirmons notre volonté de restaurer un système de santé durablement équilibré dans son financement et qui garantisse un accès de tous à des soins de qualité
7/ La société du XXI° siècle devient de plus en plus compliquée, labyrinthique, de moins en moins directe et humaine. Nous nous fixons comme but de remettre du contact humain partout où il est nécessaire, notamment partout où des usagers sont en situation de difficulté, face aux administrations, aux grandes entreprises de service. Les services publics que la France a développés doivent être garantis. Ils peuvent être améliorés, rationalisés, mutualisés, mais ils doivent être présents et enracinés partout dans les territoires ruraux ou urbains où se jouent l’égalité des chances et l’égalité des droits.
Les collectivités et leurs élus locaux sont essentiels pour garantir la démocratie, renforcer la cohésion sociale et développer nos territoires. Leur autonomie doit être respectée et leurs moyens de fonctionnement garantis
8/ La guerre des superpuissances se donne libre cours dans le monde globalisé. Cette guerre est industrielle, commerciale, diplomatique, elle concerne les matières premières, elle est financière et monétaire. Le destin de nos pays, de nos valeurs de société, comme l’équilibre du monde dépendent de l’avenir de la construction européenne. De la force de l’Europe ou de sa faiblesse dépendent nos emplois, notre réalité sociale, notre prospérité. De sa force ou de sa faiblesse dépend la construction d’un monde équilibré et pacifique, respectueux du droit des peuples et particulièrement du droit des plus pauvres au développement harmonieux et durable.
C’est pourquoi nous nous battrons pour une Europe forte, rendue compréhensible aux citoyens qui la forment, espace de liberté, de prospérité et de démocratie. Particulièrement, nous considérons que l’Europe doit défendre l’euro, comme un espace de solidarité, où aucun pays n’est abandonné face à la spéculation. Cela impose une autorité économique européenne, en cohérence avec la Banque centrale, qui impose la solidarité des pays membres pour défendre l’emploi, la croissance, et le sérieux de la gestion. Solidarité et coordination économique sont la seule voie pour échapper à la spirale des déficits, et empêcher l’explosion des charges de la dette.
9/ Le Mouvement démocrate a conscience que le redressement du pays exige de larges rassemblements. L’exercice du pouvoir par un seul parti a conduit à des solutions néfastes pour la France, que ce parti dominant soit de droite comme ces dernières années ou précédemment de gauche. L’impartialité de l’État et le respect du pluralisme ont tout à gagner à une conception moins clanique du gouvernement. Ce rassemblement, cette ouverture d’esprit, sont aussi, la condition de l’alternance. Nous choisirons une attitude ouverte et constructive à l’égard de tous ceux qui, dans la clarté, voudront travailler à une majorité nouvelle.
Les participants au congrès du Mouvement démocrate, ayant adopté les termes de cette motion et ainsi exprimé leurs valeurs communes et leurs choix politiques, demandent à François Bayrou, leur président, et à l’équipe qui l’entoure, de les porter en leur nom dans les années à venir.
9 décembre 2010
Après avoir été obligé de reculer sur la taxe Apparu (taxe qui devait être prélevée sur les loyers) le gouvernement s'apprête à porter une nouvelle atteinte
au financement du logement social.
En effet, c'est à une source principale de financement que le gouvernement s'attaque : l'argent qui, prêté aux organismes HLM, permet de construire.
Jusqu’à présent c’était auprès de la Caisse d’Epargne ou de La Poste que les Français déposaient leurs économies, sur un Livret A. Près de 75 pourcents de cet
argent était ensuite collecté par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).
Ensuite, La CDC redistribue cet argent aux organismes HLM sous forme de prêts, qu’elle accorde pour réhabiliter ou pour construire. Cela fonctionne ainsi depuis des
années, pour le bien de tous.
Un décret en préparation viserait à ne laisser qu’à peine 50 pourcents des fonds à la CDC.
Cet argent sera réduit à la portion congrue, une portion qui diminuera inexorablement chaque année : ce sera, à chaque fois, de moins en moins d’argent pour la
construction de logements et de plus en plus d’argent pour la spéculation.
Combien de logements ne seront pas construits faute de crédits ? Combien de demandes de logements resteront insatisfaites ?
Comme il en a désormais coutume, le gouvernement préfère l’argent à la justice. En prétendant faire de la construction de logements une priorité et agir pour plus
de justice, le gouvernement prouve que seuls les marchés financiers lui importent.
Le Mouvement Démocrate dénonce cette politique.
Il propose de maintenir un taux de 75 pourcents au moins pour les versements obligatoires des fonds déposés sur un livret A où qu'il soit ouvert, à la Caisse des
Dépôts et Consignations pour qu'elle soit en mesure de poursuivre la politique de construction de logements sociaux.Rodolphe Thomas, responsable des questions de logement et de politique de la
Ville au sein du Shadow Cabinet
8 décembre 2010
"Les résultats de l'enquête de PISA, qui évalue et compare tous les trois ans les performances des élèves de 15 ans en lecture, mathématiques et sciences dans les pays membres de l'OCDE, ont été rendus publics mardi et n'apportent pas la bonne nouvelle d'une école française qui réussirait enfin à surmonter les difficultés dans lesquelles les gouvernements successifs la laissent se débattre", regrette Jacqueline Gourault, sénatrice et chargée de l'Education au sein du Shadow Cabinet.
Ces résultats illustrent l'analyse que fait le Mouvement démocrate depuis 2007. L’école obligatoire de 6 à 16 ans est confrontée à deux problèmes majeurs : l'échec
scolaire qui est trop important avec un nombre d'élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux considérable et, au final, un nombre d'élèves sortant du système sans diplôme et sans qualification
intolérable. Le second est lié aux inégalités sociales qui pèsent d'un poids excessif sur les destinées scolaires. La démocratisation de notre école qui exigerait l'égalité d'accès à n'importe
quelle filière et niveau de formation, quels que soient le sexe, l'origine sociale ou nationale, l'appartenance ethnique, linguistique ou confessionnelle n'a pas progressé depuis des
décennies.
C'est la raison pour laquelle Jacqueline Gourault, membre du Shadow cabinet en charge de l'éducation, plaide pour une "sanctuarisation" des moyens de l'école. Il
faut en particulier arrêter cette politique de suppressions d'emplois qui a conduit, par exemple, en 2010, à l'absurde suppression de 16 000 postes de stagiaires privant ainsi de formation
sérieuse ces jeunes enseignants ; et davantage de moyens doivent être mis dans l’école des fondamentaux qu'est l'école primaire: en 2010, seulement 5 310 euros par élève au primaire mais 14 150
euros pour un élève de Classe préparatoire aux grandes écoles…
L’école démocratique faite pour tous les élèves de France a besoin d’objectifs clairement fixés et de moyens afin de combattre l'échec scolaire et la prédestination
sociale.
Pour Jacqueline Gourault : "Nous y parviendrons grâce à la reconnaissance de la Nation à l'égard des enseignants et en rétablissant une formation pédagogique
initiale et continue sérieuse. La mise en œuvre du socle commun de compétences voté par le législateur devra aussi s'imposer pour faire reculer l'échec scolaire et, dans le même temps, dégager
une élite à la fois plus nombreuse et du meilleur niveau".
3 décembre 2010
Ce vendredi, François Bayrou fait le bilan de l'année écoulée et évoque 2011, dans une longue interview accordée à La République des Pyrénées. De la crise
morale française à l'état de santé du Béarn, découvrez les propos du président du Mouvement Démocrate.
Quel bilan de santé du pays effectuez-vous ?
« Il faut se rendre à l'évidence. Dans aucun secteur de la vie du pays, la situation n'est meilleure qu'en 2007 : l'éducation, l'emploi, la situation des quartiers, l'intégration des jeunes venus
d'ailleurs, la situation des familles, les fins de mois difficiles, la sécurité. Partout, soit les choses stagnent, soit elles reculent. Tout cela dans un climat de forte démoralisation. Les gens
n'y croient plus. Parfois, ils ne croient même plus aux revendications. Ceux qui disent qu'on est sorti de la crise sont à mille lieux de la réalité. De surcroît, il y a l'absence de l'Europe, la
décomposition de la volonté européenne. C'est au moment où nous en aurions le plus besoin, qu'il n'y a plus personne pour la conduire au service d'un idéal. »
Y- a t-il une crise morale en France ?
« Oui car les valeurs qui ont fait le France ne sont plus respectées. Elles sont oubliées. La rupture de Sarkozy, c'était de laisser derrière nous les valeurs
françaises pour aller rejoindre le modèle américano-anglosaxon dans lequel le marché et sa violence dirigent tout. Cela est arrivé précisément au moment où ce modèle s'est effondré. La crise
morale vient de ce que le peuple, les classes moyennes s'aperçoivent du gouffre qui existe entre la réalité de leur vie et ceux qui, au sommet, accumulent privilèges et avantages. Ce monde est
impitoyable pour les petits et très indulgent pour les puissants. Or je vous affirme ceci : sans justice, pas d'avenir. »
Rejoignez-vous l'analyse de Dominique de Villepin pour lequel Sarkozy est un problème pour la France ?
« J'ai des différences substantielles avec Dominique de Villepin : il s'est trouvé au coeur de ce pouvoir pendant plus d'une décennie. Il a appelé à voter pour
Nicolas Sarkozy. Comme vous le savez, au nom des valeurs auxquelles je crois, j'ai fait un autre choix et cela n'a pas été facile tous les jours. Je ne crois pas qu'il faille considérer Nicolas
Sarkozy seulement comme la cause de cette situation. Il est aussi un symptôme de la dégradation de l'état du pays. Il a, au fond, tenu à l'opinion publique le langage de transgression qu'elle
voulait entendre.
Il y a deux grandes catégories d'hommes politiques : ceux qui pensent que la fin justifie les moyens et ceux qui croient, au contraire, que les valeurs éthiques
sont centrales et que l'on doit aux citoyens la vérité : Jacques Delors, Michel Rocard, Raymond Barre, Pierre Mendès-France. C'est là qu'est ma famille. »
Après les derniers revers électoraux du MoDem, ce parti fait-il le poids pour proposer une autre voie ?
« Si notre message est fort et vrai, la réponse est oui. Pour l'instant, le paysage politique français est très mouvant. La création de l'UMP a abouti à ce que
j'avais prédit, la mise à l'écart des naïfs qui n'étaient pas dans le noyau dur du parti et l'effacement de leurs idées. Le premier jour, à Toulouse, lors du congrès fondateur de l'UMP, je
l'avais dit : « Si nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons rien ». En face, le programme du PS, c'est un chèque promis à chaque paragraphe.
Ce sont des promesses mirobolantes qui ne seront pas respectées. Et les divisions se multiplient comme jamais avec la multiplication des candidatures aux primaires.
Il faut donc une proposition politique équilibrée, pas extrémiste, qui oblige les deux partis dominants à changer. Bien sûr, c'est un défi. Mais nous avons un atout : dans l'élection
présidentielle, ce ne sont pas les partis qui pèsent. C'est la voix des candidats qu'on entend, et c'est tout un pays qui juge. C'est la seule élection où le peuple ne soit pas prisonnier des
partis. »
Le MoDem a t-il les moyens financiers pour mener une nouvelle campagne présidentielle ?
« Le MoDem est le seul parti politique qui a les moyens d'être réellement indépendant de l'UMP et du PS. Le choix a été fait dès le premier jour : chez nous, il n'y
aura jamais un euro qui vienne de ces partis. Nous ne devrons notre liberté qu'à nous-mêmes. Et il n'y aura jamais un euro dont l'origine soit douteuse ou opaque. C'est pourquoi nous sommes
libres. »
Quel est l'enjeu de l'année 2011 pour le pays ?
« Éviter qu'on ne s'enfonce dans la crise et commencer à préparer une alternance qui donne de l'espoir aux gens. Attention aux pays sans espoir. Ce qui a été montré
depuis 2007 a été profondément destructeur d'une certaine idée de la France. C'est pourquoi je me fixe comme mission d'être optimiste, et constructeur. »
En 2011, le centre apparaît en morceaux. Y a-t-il une recomposition possible ?
« Sans doute oui. Mais, attention, on ne peut pas utiliser le mot centre à tort et à travers. Le centre, c'est la résistance à la domination simpliste du droite
contre gauche. Si vous voulez que le bateau France tienne la mer, il lui faut une quille, il faut un puissant parti au centre, autonome, capable de proposer sa propre voie et ensuite d'envisager
des alliances.
« Mais il ne s'agit pas seulement de « rassembler les centristes », comme on le dit parfois. Il faut rassembler bien au-delà. Je regarde les sociaux-démocrates, les
gaullistes d'idéal, les républicains, les écologistes équilibrés, toutes ces sensibilités humanistes, et je sais qu'il faudra qu'elles se rassemblent. Je les connais tous et je sais qu'entre eux,
il y a beaucoup de points communs. Le jour venu, ce sera la solution pour le pays. »
François Bayrou s'est exprimé sur la querelle "béarnisants" et "occitanistes" :
« Cette querelle est à pleurer. Voilà une langue menacée de disparition, et ceux qui l'aiment se partagent en deux camps, occitans contre béarnais, qui se
combattent à mort! Les choses sont pourtant simples : notre langue, c'est le Béarnais. Le Béarnais est une langue gasconne. Le gascon appartient à la famille occitane, la famille des langues
d'oc, qui viennent directement du latin dont elles ont hérité la "musique", (l'accent tonique remontant), et une bonne part du vocabulaire.
Dans les calandretas ce qu'on transmet, sous le nom générique d'occitan, c'est le Béarnais, ce n'est pas une langue artificielle! Il est temps de cesser les guerres
de religion ! Si mes amis pouvaient arrêter de se disputer et tous convenir que le seul enjeu qui vaille, c'est de sauver nos langues, alors j'en serais très heureux. »
Quel diagnostic posez-vous sur l'état de santé du Béarn ?
« Le Béarn va mieux que nombre de régions. L'aéronautique a tenu bon pendant la crise. L'agroalimentaire reste puissant. Total apporte un centre de recherches de
niveau mondial. Mais il nous manque des apports d'emplois nouveaux. On ne découvre pas Lacq tous les jours ! Notre grande question, aussi bien locale que nationale, c'est de produire chez nous,
au plus haut niveau industriel. C'est pourquoi j'aime Turbomeca, ou Messier, par exemple. L'enjeu, c'est de fournir du travail aux jeunes et en particulier de donner un regain d'attractivité à
l'université. »
Etes-vous favorable à la construction d'une nouvelle route entre Pau et Oloron ?
« Je soutiendrai tous les efforts qui seront faits en ce sens. J'ai souvent eu des interrogations sur la possibilité de construire rapidement cette liaison ; ces
interrogations se vérifient. Mais sans états d'âme, je soutiendrai les efforts de ceux qui veulent sauver le bassin industriel d'Oloron. En outre, j'ai la conviction que nous verrons un jour le
TGV circuler sur la Pau-Canfranc. Parmi les traversées des Pyrénées, c'est celle qui peut être réalisée dans les meilleurs délais et au moindre prix. Ce sera de surcroît un hommage aux
visionnaires qui l'ont construite. »
La future ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Pau doit-elle passer par Orthez ou faut-il réaliser un barreau direct vers Pau ?
« Il y a au moins trois questions : si l'on choisit la liaison directe Mont-de-Marsan Pau, c'est à l'horizon de quinze ou vingt ans, et encore, quand on connaît les
finances de Réseau Ferré de France, on est peu rassuré. Que fait-on en attendant ? Sans oublier que ce tracé impose de déplacer la gare. D'autre part, la question de l'irrigation du centre du
Béarn par le train, je refuse de l'abandonner. Enfin il me paraît important d'avoir une ligne TGV qui longe les Pyrénées d'ouest en est, reliant Bayonne à Marseille et à l'Italie. C'est la
conviction de M. Poulit et je partage son sentiment. Si vous mettez toutes ces données ensemble, vous voyez un plan nouveau se mettre en place. »
Le département n'a jamais été aussi près de basculer à gauche. Etes-vous inquiet pour la majorité départementale ?
« Ce qui se passe depuis trois ans au conseil général, camp contre camp, 26 contre 26, ne m'enthousiasme pas. Le bon équilibre du Parlement de Navarre est au
centre, en n'hésitant pas à associer des élus du centre gauche et du centre droit. Quand je présidais cette assemblée, le budget a été voté sans aucune voix contre, des années de suite. L'effort
de rassemblement était reconnu.
Notre région exige de l'équilibre et de l'ouverture. Donner tout le pouvoir à un seul parti, c'est courir le risque de perdre cet équilibre. C'est pourquoi je
m'engagerai pour soutenir mes amis de Forces 64. »
Approuvez-vous l'alliance locale du Modem avec l'UMP?
« En situation de responsabilité, j'aurais évidemment essayé de faire naître des équations plus larges. Les collectivités locales ne doivent pas être un lieu
d'affrontement droite-gauche. Quand on le fait on dénature la mission de ces collectivités. »
Propos recueillis par H.B, J.-M F. et J.M
2 décembre 2010
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