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CAMPAGNE BAYROU 2012

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Agenda

30/01/2012
 
 

Robert Rochefort invité

 de Sud Radio à 17h30

30/01/2012
 

François Bayrou à Clermont Ferrand, à 18h30 dans la

 Grande Halle d’Auvergne

de Cournon

30/01/2012

 

 

Marielle de Sarnez invitée de

Soir 3, à 22h40

 

Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 11:13

 

1 septembre 2011

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François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a répondu aux questions de la rédaction de Valeurs actuelles, jeudi 1er septembre.

Il revient dans cet entretien sur les difficultés économiques auxquelles la France est confrontée et détaille une série de leviers qui sont en mesure de nous permettre de redresser la barre au fil des mois et des années à venir.

Valeurs actuelles : Vous publiez “2012, état d’urgence”. En quoi ce livre ouvre-t-il une campagne présidentielle différente de celle que vous avez menée en 2007 ?

François Bayrou : Dans ce livre, je propose de dépasser les symptômes actuels et inquiétants de la situation de la France pour aller jusqu’aux causes. En 2007, souvent seul contre tous, j’ai alerté notre pays contre le dérapage du déficit et de la dette. En 2012, le danger qu’on n’a pas voulu voir à l’époque est devenu obsédant. Aujourd’hui, il faut aller plus loin dans la réflexion. La question pour moi n’est pas seulement la dette, mais la cause de la dette, de cette dérive sans fin. Pourquoi sommes-nous obligés d’emprunter toujours plus ? Et par ailleurs, pourquoi la société française est-elle sans espoir pour l’avenir de ses enfants ? Et je conclus que nous avons devant nous deux problèmes de vie ou de mort, deux questions de redressement ou d’effondrement. La première question, c’est produire en France. La deuxième, instruire en France. Nous sommes obligés d’emprunter parce que nous ne produisons plus et que nos ressources nationales s’en vont. Si nous ne retrouvons pas les chemins de la production, toutes les productions, industrielles, agricoles, culturelles ou de services, nous n’effacerons ni les déficits, ni les problèmes de pouvoir d’achat, ni le chômage. Et si nous ne savons pas rééquilibrer l’enseignement et l’éducation, la société se trouvera durablement condamnée à tous les échecs. Et ces deux questions, un grand peuple, les yeux ouverts, peut se les poser et décider de les résoudre.

Face à l’état d’urgence que vous décrivez dans votre livre, les mesures que vient de présenter François Fillon pour réduire les déficits vous semblent-elles à la hauteur ?

J’ai de la considération pour François Fillon. Mais en l’écoutant, j’ai ressenti deux frustrations. Tout d’abord, la partie qui aurait dû être la plus claire et pédagogique du discours semblait en réalité écrite pour que personne n’y comprenne rien. On nous a asséné des mesures techniques, énumérées les unes derrière les autres dans le langage ésotérique de Bercy. Je pense que c’était volontaire, ce qui est à mes yeux une erreur de stratégie. Dans des moments aussi graves, le gouvernement devrait au contraire tout miser sur la clarté, expliquer la réalité de ce qui se passe et de la nécessaire mobilisation quant aux mesures à prendre et aux objectifs à atteindre. Deuxième impression : on nous a présenté un plan constitué d’une addition de rustines. Il suffit de voir ce qu’il va rapporter en 2011 pour s’en convaincre : 0,1 pour cent du PIB ! Et je reste dubitatif sur les mesures “patchwork”, comme cette idée étrange de taxer les sodas ou les parcs à thème !

L’opacité de l’État, notamment en matière budgétaire, n’est pas nouvelle…

La démocratie, telle que je la conçois, est fondée sur la clarté et l’intelligibilité de l’action publique. C’est l’idée de Marc Sangnier, si concise et efficace : « La démocratie est l’organisation sociale qui vise à porter à son maximum la conscience et la responsabilité du citoyen. » Nos pouvoirs contemporains font le contraire. Au lieu de la conscience et de la responsabilité, ils organisent la dissimulation. Ce phénomène n’est pas nouveau mais il s’est aggravé. Par exemple, dans l’organisation du pouvoir, la place que les réseaux occupent est scandaleuse. C’est une offense à tous ceux, sans relations ni argent, qui croient à la parole politique et qui découvrent que les décisions les plus importantes sont en réalité prises dans l’ombre et sous in fluence.

Qu’auriez-vous fait face à cette urgence, et que devra entreprendre le nouveau président, au lendemain de son élection, en 2012 ?

En tout premier lieu, je soutiens l’idée d’une règle constitutionnelle qui rende illégaux les déficits illégitimes. Autant il est défendable d’emprunter pour construire les équipements dont bénéficieront les générations à venir, autant il est honteux d’avoir recours à l’emprunt pour rémunérer les fonctionnaires, assurer le train de vie de l’État ou rembourser nos feuilles de sécu. Cette “règle d’or”, je l’avais déjà proposée en 2007 en termes limpides : interdiction des déficits de fonctionnement en période de croissance. Il s’agit là d’une discipline que la nation s’impose. Le texte du gouvernement est beaucoup moins clair. Mais il est un signal. À la place de Nicolas Sarkozy, je convoquerais donc le Congrès, je placerais toutes les forces politiques devant leurs responsabilités et on verrait qui est capable, ou pas, de transcender les oppositions traditionnelles au nom de l’intérêt général.

Vous dites au PS qu’il faut voter la règle d’or ?

Oui. Je comprends, bien sûr, l’agacement du PS dans la situation : se faire donner des leçons de vertu par le gouvernement qui a fait le plus gros déficit de tous les temps peut rester en travers de la gorge. Mais le moment impose que l’on dépasse cet agacement. Le gouvernement socialiste espagnol vient de faire adopter cette règle. Il n’y a pas erreur au-delà des Pyrénées, et vérité en deçà.

Pourquoi Nicolas Sarkozy hésite-t-il à le faire ?

S’il hésite, c’est probablement par crainte de la réaction des agences de notation en cas de vote négatif.

Et pour la baisse des déficits proprement dite ?

La vérité est celle-ci : il faut trouver 100 milliards en additionnant baisse des dépenses et augmentation des recettes. Le grand plan, équilibré, cohérent, qui y parviendra, concernera en même temps la baisse des dépenses d’intervention, soit une vingtaine de milliards sur 80, en n’oubliant pas le train de vie de l’État à son sommet et les collectivités locales qui doivent prendre leur part de l’effort. Le rééquilibrage des dépenses sociales, une vingtaine de milliards, soit moins de 5 pour cent de la totalité des dépenses maladie, vieillesse, chômage. L’aggiornamento des niches fiscales pour 15 à 20 milliards sur 80. Une augmentation des ressources, à rechercher du côté de l’impôt sur le revenu par la montée de 41 à 45 pour cent de la tranche la plus haute, et pour les très hauts revenus, une tranche exceptionnelle à 50 pour cent. Et comme je veux dire la vérité, j’annonce qu’il est impossible de parvenir à l’équilibre sans une augmentation de la TVA de deux points. Les Allemands ont accepté trois points. Reste à espérer que l’activité retrouvée apportera les quelques milliards qui manquent encore à l’addition. Si nous faisons cet effort, nous parviendrons, non pas tout de suite à l’équilibre, mais très vite à l’étiage, où la dette du pays n’augmente plus.

Est-ce que vous êtes pour une généralisation de l’évaluation des politiques publiques ?

On ne cherche jamais à savoir, en France, quel est l’impact des lois que l’on vote. Si elles sont ou non efficaces, si l’argent engagé l’est à bon escient ou non. Et même personne ne vérifie, c’est le comble, si elles sont appliquées ou non. Je suis pour la création d’une autorité indépendante chargée de la vérification de l’application des lois votées et d’une vraie en quête sur leurs conséquences.

Vous évoquez une augmentation de deux points de la TVA ?

Croyez-vous qu’on se fait élire avec ce type d’annonce ? Toute ma démarche est fondée sur l’idée que désormais les Français exigent la vérité. Ils sont dégoûtés de la fausse monnaie des promesses. Ils ont besoin de courage, et de responsables qui affrontent la réalité. C’est une mesure choc, mais nécessaire. La TVA présente l’avantage d’un rapport certain, et de surcroît, les entreprises ne répercutent pas forcément cette augmentation sur les prix de leurs produits. Comme disent à juste titre les économistes, la fixation du prix n’est pas une question d’addition de coûts mais une appréciation de ce que peut payer le consommateur. Deux points de TVA, ce sont plus de 20 milliards de recettes assurées, qui présentent l’avantage d’un rééquilibrage rapide, constant et proportionnel à l’activité du pays. Une décision de cet ordre est inéluctable, étant donné l’état de nos comptes. J’affirme que toutes les majorités y seront conduites. Et donc je l’assume devant le pays.

Vous pensez donc que cette campagne électorale qui s’ouvre, étant donné la gravité de la situation, pour la première fois, va imposer aux candidats de ne plus se présenter devant les Français avec un carnet de chèques dans une main et une baguette magique dans l’autre ?

En tout cas, pour moi, je me tiendrai à cette politique de vérité. Et contrairement à ce que disent certains, ce n’est pas “du sang et des larmes” ! Quand Churchill emploie cette expression en juin 1940, des jeunes hommes mouraient tous les jours. Là étaient vrai sang et vraies larmes. Nous aussi, nous avons une guerre à mener. Mais heureusement, c’est une guerre bien moins douloureuse. Il ne s’agit pas de douleur, de pleurs et de grincements de dents. Au contraire, il s’agit d’yeux ouverts et d’espoir. Il s’agit de s’en sortir et c’est le seul chemin à emprunter pour re dresser notre pays, aujourd’hui tellement démoralisé qu’il ne croit même plus à la contestation.

Vous avez été le premier à poser cette question centrale des déficits en 2007, sans vraiment avoir été en tendu, et les faits vous ont donné raison. Cela vous met en colère ?

La colère ne sert à rien. Il faut toujours du temps pour que les idées prennent corps. En 2007, sans doute les consciences n’étaient-elles pas mûres. Malgré tout, près de 20 pour cent des Français se sont rangés à mon avis. Mais on ne peut pas conduire une politique qui soit uniquement promesse de coupes et de sacrifices. Je mets donc au premier plan en 2012 la question du redressement. Et donc la question du “produire en France”. Beaucoup se demanderont : mais est-ce que c’est encore possible ? Ça l’est ! En cinq années, nos voisins allemands, sur les mêmes produits, avec à peu près le même modèle de société, sont passés de l’alerte rouge à la prospérité. Aujourd’hui, en Allemagne, même si tout n’est pas idéal, c’est l’agence pour l’emploi qui licencie, faute de chômeurs. Eh bien, nous aussi avons les moyens du même redressement. La France est l’un des plus grands pays agricoles et industriels du monde, qui maîtrise les technologies les plus pointues ! Il s’agit seulement de livrer, avec les PME, avec le soutien des investisseurs, y compris du Fonds de soutien à l’investissement, avec les consommateurs, la bataille décisive de la reconquête.

Pourquoi cet abandon, c’est parce que la France n’est plus compétitive ?

Certains nous disent : « c’est la faute de l’euro, notre monnaie est surévaluée », les autres : « c’est la faute des salaires, trop élevés ». Je ne crois ni à l’une ni à l’autre des deux affirmations. Les Allemands ont la même monnaie que nous et des salaires au moins aussi hauts que les nôtres. La vérité est qu’ils ont eu une stratégie industrielle concertée consistant à maintenir la production sur leur territoire, quitte à y intégrer des éléments venant de pays à plus bas coûts de production. Ils ont maintenu leur présence dans tous les secteurs, en y jouant la carte du haut de gamme. En France, nous nous sommes laissés glisser vers l’abandon de secteurs entiers et cruciaux et nous avons joué le moyen, voire le bas de gamme. Il faut inverser le mouvement.

Pour aider les entreprises, et notamment les PME, ne faut-il pas aussi les soulager fiscalement, et faire en sorte qu’elles ne portent plus seules le poids des cotisations sociales ?

Il est anormal et scandaleux que la fiscalité appliquée aux grandes, voire aux très grandes entreprises du Cac 40, se révèle au bout du compte trois fois inférieure en moyenne à celle qui est appliquée aux moyennes et aux petites entreprises… Cela se comprend très bien : lorsque la législation fiscale est comme aujourd’hui un labyrinthe, les entreprises qui ont des services entiers consacrés aux aspects juridiques et fiscaux finissent toujours par dénicher des avantages et des exemptions. C’est la même chose pour le droit du travail. On voit bien là que la simplicité de la législation est dans un pays un élément d’équité. Et il est vrai que se posera la question de la répartition des charges sociales : doivent-elles comme aujourd’hui reposer majoritairement sur le travail ? Et si, comme j’en suis d’accord, une autre répartition s’impose, sur quelle base ?

Quels autres facteurs de compétitivité ?

L’ambiance sociale. La guérilla permanente et le soupçon entre organisations de salariés et entreprises est une des causes du mal français. J’avais hier au téléphone un chef d’entreprise français qui a dans son groupe des usines en Allemagne. Et que me dit-il ? Que les représentants du personnel de ses usines, de l’autre côté du Rhin, lui ont demandé un accord sur une augmentation du temps de travail pour conserver leurs marchés, en gagner d’autres et donc sauver et multiplier leurs emplois…

Une fois de plus, la question est moins économique que culturelle… Peut-on imaginer pareille réaction des syndicats en France ?

Et pourquoi pas ? Pourquoi prétendre que nous ne serions pas capables de faire ce que font les autres, à avantages et handicaps égaux ? Croyez-vous vraiment que le fait de vouloir travailler plus pour garder et créer de la richesse et de l’emploi soit hors de portée du peuple français ? Je veux mettre au coeur de la campagne cette question cruciale de la capacité de redressement de la France : la situation est trop grave pour que l’on continue à contourner les problèmes, comme si le peuple n’était pas majeur. Beaucoup réside dans l’explication. Or il y a aujourd’hui un énorme déficit de pédagogie. Que fait le pouvoir pour expliquer la situation aux Français et, par là, les mettre en situation de réagir ? Pas grand-chose. Le président de la République, qu’on voyait tous les jours au début de son mandat, a presque disparu des écrans. Il n’apparaît plus, même pour se féliciter de son propre succès en Libye, alors qu’il a mené une opération audacieuse et risquée et atteint le but qu’il s’était fixé. Un succès reconnu par à peu près tout le monde…

Dont vous ?

… Évidemment! Chaque fois que quelque chose mérite une mention favorable, je le souligne. Cela fait partie de l’équilibre que je cherche, de ma liberté de jugement et de parole.

Que répondez-vous à Nicolas Sarkozy quand il dit que, dans la crise, la France est le pays européen qui s’en sort le mieux ?

C’est sans doute son rôle de le dire. Mais ce n’est pas vrai. Prenons quatre critères qui doivent former notre jugement : le stock de dettes, le niveau du déficit primaire (le déficit hors charge de la dette), le commerce extérieur et la croissance. Eh bien, si on les combine, nous sommes systématiquement en queue de peloton. Il y a quelques pays qui ont plus de dettes que nous (l’Italie) mais beaucoup moins de déficit primaire. D’autres, comme l’Espagne, qui ont davantage de déficits que nous mais moins de dettes. Et notre commerce extérieur est effondré. Si cela ne constitue pas un état d’urgence, je ne sais pas comment cela s’appelle.

Pourquoi les dirigeants français ne donnent-ils pas ces explications ?

J’imagine qu’il n’est pas agréable de reconnaître que la crise n’explique pas tout et que la politique menée depuis 2007 a creusé les déficits avant que le ralentissement de la croissance mondiale ne se mette de la partie.

Dans votre livre, vous êtes particulièrement critique avec les propositions économiques de la gauche…

J’ai espéré, après 2007, qu’une partie de la gauche pouvait évoluer. Je croyais et je crois toujours qu’il serait souhaitable, et bon pour le pays, qu’une gauche aux yeux ouverts, une gauche Schröder, s’impose face à une gauche enfermée dans ses erreurs… Force est de constater que cette évolution n’a pas eu lieu. Individuellement, nombreux sont les dirigeants du PS qui peuvent avoir une conscience claire de la situation. Mais collectivement, l’appareil les oblige à camper aux antipodes de la lucidité. Or, pour sortir le pays de la crise, on aura besoin d’un grand mouvement de réalisme et de volonté, comme cela a été fait en Allemagne, par la création d’une majorité nouvelle, centrale, courageuse. C’est avec cette certitude que je n’ai jamais hésité à faire des gestes d’ouverture sans rien céder de mes convictions…

Et vous l’avez payé assez cher…

Peut-être. On n’est pas toujours compris lorsqu’on s’engage dans des démarches novatrices. Mais il ne faut jamais regretter de tenter ce qu’on croit utile au pays. Malheureusement, on est loin de la prise de conscience que je souhaitais. C’est une illusion cruelle d’annoncer dans la situation du pays 300 000 emplois-jeunes payés sur fonds publics, le retour à la retraite à 60 ans, l’augmentation des budgets, la création d’une allocation universelle pour les étudiants… Je suis sûr que pas un responsable socialiste conscient ne peut croire sérieusement que tout cela est réalisable, mais tous en choeur font “comme si”, pour ménager la gauche de la gauche ! Cette illusion collective est dangereuse, puisqu’on promet des choses qui seront, je vous le dis, impossibles à tenir. Et tout cela fait courir de grands risques pour l’avenir.

Ce qui ne vous empêche pas d’en appeler à une sorte de gouvernement de salut public pour affronter la crise…

La situation oblige à ne rien attendre des appareils. Mais la réalité est là ! Il n’existe aucun moyen de sortir le pays de l’effondrement que nous vivons sans le choc d’une majorité nouvelle. Celle-ci ne peut s’organiser qu’autour d’un seul critère : réunir tous ceux qui partagent la conscience que les problèmes ne viennent pas d’ailleurs, de l’extérieur, mais qu’ils sont en nous. Et donc, qu’ils sont solubles. Car poser comme préalable de changer l’ordre économique mondial avant d’espérer faire évoluer notre situation nationale est une naïveté doublée d’un leurre. On peut toujours critiquer la mondialisation, mais qui peut croire que le monde va se “démondialiser” pour faire plaisir à la France ? La mondialisation est un fait : nous devons nous battre avec les armes qui sont les nôtres, et elles sont fortes. Nous avons une population soutenue par une démographie favorable. Nous avons une tradition d’ingénieurs. Nous maîtrisons les technologies les plus exigeantes. Nous avons seulement besoin d’une double revalorisation : revalorisation de l’image de marque de notre pays en toutes ses productions, industrielle, agricole, de services, culturelle… Et revalorisation du travail, considéré non pas comme une corvée mais comme une réalisation personnelle.

Autrement dit, une morale collective ?

Affirmation exigeante : le redressement sera d’abord un redressement moral. Une envie de vivre, au lieu des bras baissés ; des raisons de vivre, au lieu du découragement. Et une capacité à dire avec les mots justes ce qu’est la France, ce que devrait être l’Europe, et comment un peuple comme le nôtre peut élever ses enfants. Et j’emploie le mot “élever” aussi bien au sens habituel, “éduquer”, qu’au sens propre, plus fort encore, “tirer vers le haut”.

Propos recueillis par Eric Branca et Josée Pochat

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 09:45

 

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Sylvie Goulard

Dans une tribune publiée dans La Croix le 30 août 2011, Sylvie Goulard, députée européenne et responsable de l'Europe au sein du Shadow cabinet, a dit le "besoin d'une politique monétaire et économique européenne menée par un gouvernement digne de ce nom."

En effet, "en échange de la participation de la Finlande au plan de sauvetage, le Parlement de ce pays vient de demander à la Grèce des garanties à son seul profit". "Si les 17 Parlements nationaux de la zone euro en faisaient autant, la solidarité serait impossible", a-t-elle analysé.

"Imaginons que, dans un domaine vital pour l’avenir du pays, on fasse appel à un "gouvernement" composé des présidents de 17 régions décidant à l’unanimité, après autorisation de chacune des 17 assemblées régionales que ce "gouvernement", en tant qu’organe collectif, ne rende pas de comptes et ne puisse pas être censuré. Enfin, que, pour gérer des crises d’une extrême gravité et piloter l’ensemble de l’économie, il se réunisse deux fois par an. Personne n’aurait confiance dans des institutions si singulières. Voilà pourquoi "les marchés" ne croient pas aux propositions d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour consolider la zone euro. Ils cherchent à comprendre si la "maison commune" est solide.

Dans l’urgence, les gouvernements ont fait le choix courageux de défendre l’euro coûte que coûte. Des décisions difficiles ont été prises qui se sont hélas vite révélées insuffisantes : le "plan de sauvetage" de la Grèce de mai 2010 a déjà dû être revu. Et la contagion a gagné l’Espagne et l’Italie. Cette crise n’est pas née du hasard, mais d’un défaut d’engagement mutuel. Si une politique économique commune avait accompagné la création de l’euro, nous aurions épargné à des millions de familles chômage et pauvreté. Quelles souffrances devons-nous encore accepter au nom d’un souverainisme incompatible avec une monnaie unique ?

Nous avons déjà perdu bien trop de temps. L’ancien Premier ministre belge et grand Européen Paul-Henri Spaak écrivait déjà en… 1964 : "Je n’ai jamais compris comment l’on pouvait nous offrir comme idéal politique pour l’organisation européenne une organisation que nous rejetterions avec un haussement d’épaules si on nous la proposait pour nos pays. (…) Comment peut-on parler d’une Europe unie quand, après s’être rencontré et avoir échangé des propos plus ou moins vagues ou plus ou moins précis, il n’y a pas, il n’y a jamais de décision commune ou d’obligation de suivre ensemble une même politique ? Cette Europe-là me paraît tout à fait insuffisante et, même, dans une certaine mesure, je la trouve dangereuse. (…) Je crains fort que ces rencontres et ces discussions, bien loin de rapprocher les points de vue, fassent apparaître plus fort et plus profondément les divergences et rendent par conséquent toute action commune impossible."

L’actualité lui donne raison : ainsi, en échange de la participation de la Finlande au plan de sauvetage, le parlement de ce pays vient de demander à la Grèce des garanties à son seul profit. Les parlementaires d’Helsinki ont, d’une certaine manière, fait leur travail qui consiste à défendre les intérêts des contribuables finlandais. Pourtant, si les 17 Parlements nationaux de la zone euro en faisaient autant, la solidarité serait impossible.

À côté d’une politique monétaire menée par une Banque centrale "européenne", nous avons besoin d’une politique monétaire "européenne" menée par un gouvernement digne de ce nom, ou au moins par un ministre des finances unique, comme l’a suggéré Jean-Claude Trichet. Mais encore faut-il que ces responsables soient désignés selon les procédures démocratiques, au terme d’un débat politique à l’échelle de la zone euro tout entière et que leur travail soit soumis au contrôle du Parlement européen. C’est le seul moyen de faire prévaloir l’intérêt général.

Certains rétorqueront que les opinions ne sont pas prêtes pour un grand saut fédéral. Mais c’est un prétexte. L’essentiel est d’adopter un calendrier par étapes. A condition d’être résolue, la démarche peu fort bien s’étaler dans le temps ; cette méthode a été utilisée avec succès dans la phase de création de l’euro. Si les citoyens et les marchés pouvaient anticiper un cheminement collectif vers l’unité, ils reprendraient confiance.

Dans un premier temps, nous pourrions mieux tirer parti des traités existants qui font déjà du Parlement européen, aux côtés des ministres des finances nationaux, le colégislateur en matière de politique économique et qui pourrait jouer un rôle accru dans la gestion de crise. Le Parlement européen entend d’ailleurs exercer toutes ses prérogatives : ainsi, hier, sa commission économique et monétaire s’est réunie pour auditionner le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, le commissaire Olli Rehn et Jean-Claude Junker, président de l’eurogroupe. Dans la législation en cours d’examen sur la "gouvernance économique", le Parlement a déjà proposé un renforcement de la discipline, du dialogue démocratique et la création d’eurobligations, l’endettement commun pouvant être une solution à la crise mais appelant, à l’évidence, un débat approfondi.

À terme, nous devrons réfléchir à d’autres avancées même si elles nécessitent une refonte des traités. Veto national et solidarité ne font pas bon ménage. C’est la leçon de la crise des dettes que l’on dit souveraine."

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 10:27

 

30 août 2011

François Bayrou sur le plateau de la matinale de Canal+

François Bayrou, invité de la matinale de Canal+ le 30 août 2011, a déclaré qu'il n'y avait "aucune chance que l'on redresse le pays sans changer profondément l'équilibre de la vie politique". Revenant sur les propositions de Martine Aubry, il a indiqué qu'elles étaient "fallacieuses" et "impossibles à réaliser dans un pays qui subit l'hémorragie que nous subissons".


Dominique de Villepin a dit sur notre plateau hier qu’il était favorable à une candidature de rassemblement; vous-même, vous défendez l’idée d’une majorité de courage. On se dit qu’il y a peut être une passerelle entre vous. La question qui se pose ce matin : un tandem Bayrou-Villepin, est-ce que c’est sérieux ?

Il y aura des rassemblements, il n’y a aucun doute dans mon esprit sur ce point et ces rassemblements répondront à l’attente des Français. Mais ce que viennent d’entendre ce qui vous écoutent, c’est que la pauvreté en France a augmenté et qu’il y a désormais presque un Français sur six qui vit au-dessous du seuil de pauvreté. Ils ont entendu que le chômage augmentait, ils ont entendu toutes les difficultés qu’on rencontre en sécurité, eh bien tout ceci est lié. Car comme vous l’avez dit très justement en parlant du livre, le livre soutient la thèse qu’il y a une cause principale à tout ça, c’est qu’on ne produit plus assez en France.

On reviendra sur votre livre. Mais d’abord, il y a une présidentielle dans quelques mois. Dans votre livre, il y a un projet ; la rencontre entre un homme et un peuple, il y a la même chose dans le livre de Dominique de Villepin mais on ne comprend pas ce que ça veut dire une candidature de rassemblement. On ne comprend pas ce que ça peut donner dans une présidentielle et on ne comprend pas ce que ça peut changer pour les gens qui vous regardent.

Je ne vous ai pas parlé de ce sujet c’est vous qui en avez parlé. Pour moi, la question des candidatures vient après le concret. Qu’est-ce qui se passe en France qui fait que ça aille si mal, qui fait que beaucoup de Français n’y croient plus ? Ils entendent les candidats se promener en France avec des rodomontades qui disent "avec moi ça changera par rapport au reste". Et je ne vous parle pas ici du centre ou de moi, pour une fois.

C’est pour cela que ça nous intéresse ; on se demande s’il y a quelque chose de nouveau dans la candidature de rassemblement et dans cette "majorité de courage". Y a t-il quelque chose de nouveau dans la façon d’appréhender la présidentielle et les solutions ?

Non seulement il y a quelque chose de nouveau, mais je vous le dis, ceci est obligatoire. Il n’y a aucune chance qu’on redresse le pays sans changer profondément l’équilibre de la vie politique. Si l'on en reste à ces guerres stupides que vous mettez en scène avec plaisir et délectation ; si l'on n’en reste à ça, on n’a aucune chance. Je sélectionne deux questions, peut être y en a t-il d’autres mais je n’en vois pas qui soient aussi importantes. Pourquoi les gens s’appauvrissent, parce que le pays s’appauvrit et il s’appauvrit car ses ressources s’en vont à l’extérieur. Tous les mois, tous les ans ce sont des milliers de millions qui partent à l’extérieur.

On entend ce que vous dites, mais le sujet qu’on entend depuis hier c’est la sécurité. Martine Aubry nous dit qu’elle sera la présidente de la sécurité, à l’occasion d’un déplacement à Marseille. Croyez-vous à la révolution culturelle du Parti Socialiste ?

Ils feront ce qu’ils peuvent, mais comme vous le voyez, c’est de la mise en scène de candidature. Ce matin, j’écoutais la réaction de certains Marseillais, ils disaient "c’est du marketing". J’essaie de le faire le moins possible. En matière de sécurité, je crois qu’il y a des changements à apporter dans l’organisation de la sécurité. Ce n’est pas cent policiers de plus comme le dit Claude Guéant qui changeront quelque chose.

10 000 de plus dit Martine Aubry.

Oui alors on va augmenter le budget de la sécurité, on va augmenter le budget de la culture, on va mettre la retraite à 60 ans, on va créer 300 000 emplois jeunes... Tout cela, vous voyez bien que c’est impossible dans un pays qui subit l’hémorragie que nous subissons. Toutes les promesses qui vont être faites seront fallacieuses tant que l’on ne se fixe pas comme objectif de changer l’équilibre profond du pays. Il n’y a aucune chance que cela se réalise. Vous pouvez annoncer toutes les hausses de fonctionnaires que vous voulez, cela ne se fera pas si nous n’avons pas les moyens de le faire.

Se faire élire en promettant du sang et des larmes, ça ne va pas être évident !

Ce n’est pas du sang et ce n’est pas des larmes, c’est l’espoir. Quand Churchill a utilisé cette expression c’était pendant la bataille d’Angleterre. Ce n’est pas du sang et des larmes, c’est le seul chemin possible pour s’en sortir. Si quelqu’un en a un autre, on confrontera les projets, les points de vue. Mais je ne connais pas d’autres moyens pour une entreprise, pour une famille, pour un commerce, pour une association que de faire qu’il y ait moins de ressources qui sortent et plus de ressources qui rentrent pour supporter les politiques que nous avons à faire. Mais en matière de sécurité, c’est un changement profond d’organisation, notamment dans les quartiers difficiles dont on a besoin.

Sur la règle d’or, un référendum serait envisageable ?

Je pense que c’est vrai, la règle d’or, c’est l’interdiction d’emprunter pour les dépenses courantes du pays. Quand on veut investir pour un hôpital, pour une université, c’est normal qu’on emprunte parce qu’on en partage la charge avec les générations futures. Mais pour notre train de vie courant, on ne va pas emprunter pour vivre. J’avais proposé cette règle bien avant Nicolas Sarkozy.

J’aime ou j’aime pas les excuses de DSK aux salariés du FMI ?

Il est bien qu’il l’ait fait et c’est une manière pour lui de retrouver un certain équilibre.

Jacques Chirac sera présent à son procès le 5 septembre ?

Il le faudra, c’est la règle pour tout le monde. Dans les moments sensibles c’est la loi.

Ettore Scola fait ses adieux au cinéma ?

Un grand ! C’est bien de le saluer. J’aime ce type de cinéma là.

Publier son livre sur Facebook comme le fait Maurice Leroy ?

C’est bien.

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 10:31

 

 
François Bayrou Couverture 2012 Etat d'urgence

Pour les plus numériques d'entre vous, le Mouvement Démocrate vous informe que le dernier livre de François Bayrou, "2012 Etat d'urgence" est disponible en eBook, au format libre ePub.

Vous pourrez ainsi le retrouver sur le site de la Fnac pour le prix de 12 euros, mais aussi depuis l'application Fnacbook disponible sur iPad, iPhone et iPod Touch.

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 11:21

 

 

Université

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 11:18

 

 

François Bayrou, invité de RTL vendredi 26 août à l'occasion de la sortie de son livre "2012 Etat d'urgence", a pu réagir sur le plan annoncé par François Fillon, le qualifiant de "plan de rustines", composé de "mesures anecdotiques" qui "ne sont pas à hauteur de la situation". Il a appelé à "un effort de la nation toute entière" et a abordé ses propositions afin de sortir de la crise actuelle.


Jean-Michel Apathie : La crise, la dette, l’heure est grave. Vous évoquez toutes ces questions dans le livre que vous publiez cette semaine : "2012, Etat d’urgence". "Ce qui vient d’arriver au Portugal, à la Grèce ou à l’Espagne, peut nous arriver d’un jour à l’autre. Baisse du salaire des fonctionnaires, baisse des retraites, coupes sévères et sans pitié dans les dépenses sociales, cela peut être notre sort dans quelques semaines ou quelques mois", écrivez -vous. Le plan Fillon ne va pas nous éviter cela ?

François Bayrou : Non, le plan Fillon c’est un plan de rustines. Toutes les mesures ne sont pas mauvaises évidemment, mais il y en a certain nombre qui sont anecdotiques : taxer les boissons sucrées pour créer un impôt sur le Coca-Cola ou les sodas, ce n’est pas à la hauteur de la situation. L’idée selon laquelle on va augmenter la TVA des tickets d’entrée des parcs à thèmes, et festivals : on gratte les fonds de tiroirs au lieu d’avoir un plan cohérent expliqué à tous les Français qui permette de voir quel chemin on va suivre pour s’en sortir. Pardonnez-moi de reprendre votre expression, vous dites que le sujet de mon livre c’est la dette, non. Le sujet du livre c’est la cause de la dette : regardons ce qui fait que la France est obligée de s’endetter, pourquoi notre société est à ce point en difficultés et répondons aux deux questions qui sont pour moi la cause de là où nous sommes. Première question : on ne produit plus en France, donc produire, et instruire, l’éducation. Produire et instruire, voilà pour moi les deux sujets sur lesquels nous devons concentrer notre attention, tous nos efforts et si possible notre inventivité et on pourra s’en sortir.

Quand on est un responsable politique, il faut traiter la dette. Augmenter la dette, augmenter les impôts, couper dans les dépenses sociales ? Car vous dites qu’il aurait fallu un grand plan mais quelles en auraient été les mesures ?

D’abord, cela ne peut pas être un plan bricoler en quelques jours ou en quelques heures comme on l’a fait pour celui-là. C’est une réflexion de toute la nation qui demande sur quoi nous devons concentrer nos efforts, produire et instruire. Quelles sont les dépenses que nous devons baisser ? Il y a des dépenses d’intervention, de l’Etat, des collectivités locales et il faut en prendre compte les deux. Et enfin quelles sont les ressources nouvelles que nous avons ? La création de deux tranches supplémentaires de l’impôt sur le revenu une à 45 pour cent au lieu de 41 pour cent pour les revenus élevés, et une à 50 pour cent pour les revenus très élevés. Je pense aussi qu’on ne s’en tirera pas sans faire un effort de la nation toute entière et j’ai proposé une hausse de 2 pour cent de la TVA pour apporter les ressources nécessaires au rééquilibrage du pays. Parce que si le pays est déséquilibré, et continue à être bancal, on ne s’en tirera pas. La conséquence du fait qu’on ne produit plus c’est le chômage, 36 000 chômeurs de plus en juillet, 36 000 au mois de juin, près de 30 000 au mois de mai.

Vous croyez vraiment qu’il est possible d’augmenter les impôts et de stimuler l’activité ? Il n’ y a pas justement l’exemple grec qui nous montre que quand on augmente les impôts, c’est sans doute inévitable, ce n’est pas là qu’on crée de la richesse ?

Toutes les mesures qu’il y a à prendre peuvent forcément être critiqués dans leurs principes. Nous préfèrerions un pays dans lequel il n’y a pas d’impôts et dans lequel la dépense publique soutienne à la fois l’activité et les services publics. Or ce n’est pas possible.

Non, je voulais plutôt dire, n’y a t-il pas quelque chose de faux de dire qu’on augmente les impôts parce que c’est nécessaire et en même temps on crée de l’activité, il n’y a pas de problème ? Quand on crée plus d’impôts, il est difficile de croire que des richesses vont être créées.

Je vous le dis : il n’y a pas de majorité quelle qu’elle soit, il n’y a pas de pouvoir à partir du mois de mai, qui pourra laisser la France dans la situation où elle se trouve. Et ceci est très important car c’est l’exigence de vérité qui doit présider au débat public dans la préparation de l’élection présidentielle. Tous ceux qui raconteront des histoires seront sanctionner par les Français. Les Français veulent deux choses : qu’on leur dise où l'on en est et que l’on leur montre un chemin pour en sortir.

Sondage BVA ce matin sur RTL, pour l’élection présidentielle « Préfèrerez-vous une victoire de la gauche ou de la droite ? » Réponse : 64 pour cent de la Gauche.

Je pense qu’il y a une très grande ambiguité dans ces questions, c’est laisser croire qu’en France il n’y a que gauche et droite. Quand les Français répondent à cette question entendent : "voulez vous une victoire du pouvoir ou un changement qui fasse qu’une nouvelle majorité s’impose ?". En tout cas, c’est ce que je crois. Résumer le débat à gauche contre droite avec la droite qui est dans l’état que l’on voit et la gauche qui, selon moi, dans son programme se trompe avec des promesses fallacieuses parce qu’elles ne seront pas respectées, tout ça ne répond pas à l’exigence de vérité qu’on disait.

Vous pensez que vous pourrez, entre la droite et la gauche, faire une offre comme vous avez pu la faire en 2007 ?

Oui, pas seulement entre, mais autre. Parce que, ce que je crois, c’est que ces deux questions du livre, produire et instruire sont insolubles dans le duel droite/gauche que nous vivons depuis 50 ans. L’Allemagne nous l'a montré incroyablement ; ils étaient derrière nous il y a sept ans et aujourd’hui ils écrasent l’Europe. Seule une majorité centrale, centre gauche-centre droit est capable d’être la majorité du courage qui prendra des décisions nécessaires.

Que restera t-il du fait divers DSK dans la vie politique à votre avis ?

Je pense que c’est une question qui se pose d’abord à lui et puis peut-être une exigence pour les responsables publics.

Je ne vous ai pas demandé si vous serez candidat en 2012 ?

Eh bien voilà, vous connaissez la réponse à cette question, il n’y a que l’élection présidentielle qui permette de poser comme nous venons de le faire, devant le pays les questions de son avenir. Et c’est donc à l’élection présidentielle que peuvent se défendre des projets de changement et de nouvelles espérances dont la France a besoin.

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Actualités - Communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 13:31

Gagny en mouvement a volontairement inversé les deux articles, mis en ligne ce jour,qui démontrent la cohérence de la pensée de François Bayrou  depuis la sortie de son livre:abus-de-pouvoir.gif

 

"Il faut offrir à la France un autre projet que ceux qu'elle a suivis jusqu'à maintenant"

 

François Bayrou était l'invité de France Inter vendredi 19 août, à l'occasion de la sortie de son livre "2012 Etat d'urgence". Il s'est défendu de vouloir donner dans le catastrophisme, et a au contraire affirmé que "le livre est entier de réponses positives" à la situation. "C'est une nécessité que d'offrir à la France un autre projet, un autre chemin que ceux qu'elle a suivis jusqu'à maintenant qui sont selon moi déséquilibre et faiblesse", a-t-il déclaré.


Bruno Duvic : En quoi y a t-il un état d’urgence en France aujourd’hui ?

François Bayrou : Vérifiez la situation du pays, un état de très grand désarroi, le chômage qui explose, le déficit et la dette qui explose, le pouvoir d’achat qui est absent, les fins de mois qui sont difficiles, et tous ceux qui nous écoutent en ce moment savent que c’est leur lot. C’est une très grande inquiétude pour les enfants ; que vont-ils faire, même diplômés ? Et puis qu’en est-il de tous ceux pour qui l’école ne marche pas ? Il y a une démoralisation qui est profonde et tout le monde sent bien que c’est le dernier moment pour agir puisque tout dérape, tout glisse et s’en va dans le fossé. C’est pourquoi il y a urgence. Le sens de ce livre c’est qu’on peut s’en sortir : quelles sont les orientations pour le faire.

"Etat d’urgence", "tout dérape", "dernière chance"... Est ce que vous ne donnez pas un peu dans le catastrophisme, on attend aussi des responsables politiques une certaine maîtrise des arguments ?

Si vous avez lu le livre, vous savez que le livre est entier de réponses positives. Si on regarde tous les problèmes qui se posent aux Français, en fait, ils se résument à deux : le premier c’est qu’on ne produit plus en France et pour en sortir, il faut rassembler toutes les énergies et les réponses pour produire plus. C’est possible, parce qu’à nos portes, nos voisins allemands l’ont fait en très peu de temps.

Le constat de la dette appelle quelques questions d’actualité : la règle d’or, puisque c’est une des mesures avancées pour réduire le déficit et donc la dette. Les socialistes disent que c’est de l’enfumage, vous, vous dites oui, mais à quelles conditions ?

J’ai, depuis des années, proposé aux Français que nous nous donnions cette discipline d’inscrire dans notre constitution nationale une règle simple qui est qu’on ne peut pas faire de déficit de fonctionnement. On peut emprunter pour investir, équiper le pays, construire des hôpitaux, des universités, des moyens de transports, mais on ne devrait jamais emprunter pour le train de vie de tous les jours, pour assumer les charges d’un Etat, payer les fonctionnaires, ou payer les feuilles de sécu. Ce devrait être une règle marquée au fer rouge dans l’esprit de tous les dirigeants, sauf en période de récession, quand on a besoin de soutenir l’activité. A ce moment-là on peut, pour un moment court, soutenir l’action publique.

Et que pensez-vous de l’idée que l’on l’étende à tous les pays européens, au risque de piétiner un peu leur souveraineté ?

>J’ai lu cette déclaration de Nicolas Sarkozy, d’Angela Merkel ; c’est une idée. Mais faisons-le d’abord chez nous. Les Allemands l’ont fait exactement dans les termes que je viens de décrire devant vous : pas de déficit de fonctionnement en période de croissance, ce qui est le texte que j’ai proposé notamment au court de la campagne de 2007. Soyons logique, faisons-le chez nous. J’ai dit au président de la République que, si j’étais à sa place, je convoquerais Assemblée nationale et Sénat, et je soumettrais au vote un texte qui est un texte compliqué, mais au moins qui est un signal pour dire que les grandes forces démocratiques du pays, toutes ensemble, prennent la responsabilité de donner pour l’avenir une règle de prudence élémentaire.


Vous trouvez que le parti socialiste est irresponsable ?

Je ne veux pas employer des mots de cet ordre. Le PS est agacé et je comprends qu’il le soit parce qu’il se fait donner des leçons de vertu budgétaire par un gouvernement qui est le plus dérapé dans les déficits depuis des années.

Ces dérapages dans les déficits, vous les attribuez à la crise ou vous dites qu’il y a eu mauvaise gestion et notamment de la fiscalité ?

La Cour des comptes a répondu à cette question, elle dit qu’il y a un peu près un tiers du déficit qui relève de la crise, l’autre qui relève des déséquilibres français. Je comprends qu’un certain nombre de responsables socialistes soient agacés, mais on est dans un moment où il faut dépasser les agacements. Ce que nous avons devant nous est plus important, plus lourd, plus grave qu’une espèce de compétition d’étiquettes dans laquelle on vit au moment de la préparation de la présidentielle. Donc, à la place des dirigeants socialistes, je dirais "oui, c’est agaçant, ce n’est pas à eux de nous donner des leçons, mais au moins, prenons cette décision responsable qui consiste à dire au monde et aux citoyens français que pour l’avenir, ces efforts d’équilibre seront faits".

Réduire la dette passe par de nouvelles recettes. Vous préconisez dans ce livre deux mesures : hausse de l’impôt sur le revenu pour les plus favorisés, et hausse de deux points de la TVA. C’est une question sensible parce que la TVA frappe aussi bien les riches que les pauvres. Il faut passer par là ?

La première chose ; vous avez dit "il faut trouver de nouvelles ressources". Mais d’abord, il faut baisser les dépenses inutiles. Il y a un grand nombre de dépenses du côté du train de vie de l’Etat, y compris au sommet de l’Etat. Si j’étais élu, je ferais ce qu’il faut pour montrer qu’au sommet de l’Etat, on fait les sacrifices qu’on demande au peuple, et plus encore. C’est symbolique, ce n’est naturellement pas avec cela que l’on va boucher le trou, mais c’est une manière de montrer que l’on prend sa part de responsabilités.
Ensuite, il faut des ressources nouvelles ; j’en défends deux. Je pense qu’il faut que l’on ait une tranche supplémentaire et exceptionnelle de l’impôt sur le revenu pour les plus favorisés. J’indique même que pour cela, une tranche de 50 pour cent serait un signe qui serait entendu. La deuxième chose : il faut que l’on rééquilibre nos budgets par une hausse de deux points de la TVA. Je vous rappelle que les Allemands ont augmenté de trois points, et qu’ils l’ont supporté finalement assez bien. D’autant que les économistes ont observé que quand on opère une hausse de la TVA modérée comme cela, les distributeurs ne la répercutent pas nécessairement et ils en absorbent une partie. Donc ce serait une partie vers les entreprises de distribution, et une partie vers les consommateurs.

Donc vous assumez la hausse de cet impôt qui est jugé injuste ?

C’est un impôt sûr et auquel tout le monde est habitué. Je l’assume pour une raison simple ; dans la campagne qui vient, dans ce débat-là, il faut qu’il y ait des femmes et des hommes qui disent la vérité comme elle est. Parce qu’il y a une telle exaspération de ceux qui vote et de ceux qui entendent, qui ont l’impression qu’on les a traînés d’illusion en illusion, que le monde politique fait des vœux pieux et que rien ne change. Alors disons la vérité, parce que c’est la vérité qui nous permettra de créer un nouveau climat en France.

Christine Lagarde, dans l’affaire Tapie s’est "impliquée personnellement" en faveur de la procédure d’arbitrage et le processus comporte de nombreuses anomalies et irrégularités selon la Cour de Justice de la République (CJR). Qu’en dites-vous ? Sur cet exemple là, les magistrats font preuve d’indépendance ?

C’est ce que j’ai dit hier, et c’était un jour très important. On a vu pour la première fois depuis longtemps se manifester avec éclat la force de l’indépendance de la justice. Quand la justice est indépendante, les obstacles que l’on met sur son chemin ne résistent pas. Or, quand on lit la décision des magistrats de la CJR, alors on s’aperçoit de quelque chose d’énorme, mais qui n’est pas une surprise pour moi puisque vous savez que j’ai mené ce combat depuis des années.
Les magistrats évoquent les soupçons que cet arbitrage peut être un faux, qu’il n’y avait pas de vrai arbitrage, que l’on s’était entendu à l’avance à la demande de Monsieur Tapie, et que l’Etat a été, au fond, partie prenante. L’Etat a organisé le détournement d’argent public puisque ce sont les mots qui sont utilisés par les plus hauts magistrats de l’ordre judiciaire, de l’ordre de la Cour des comptes et de l’ordre administratif. Ils sont sept, et ces sept ont pris une décision qui est extrêmement forte. Or, jusqu’à maintenant, personne ne les a évoqué ou aperçu. C’est qu’il y a un principe du droit, en latin, « fraus omnia corrumpit » (la fraude annule tout acte). Cela veut dire que si ce faux est reconnu, alors il n’y a plus d’arbitrage Tapie.
Donc tous ceux qui disaient en France « c’est affreux, on voit qu’il y a quelque chose qui n’est pas normal, ça se fait contre les citoyens et les contribuables, mais c’est fini maintenant, qu’est-ce qu’on peut faire ? ». Hé bien ça n’est pas fini, et cette indépendance de la justice est une très bonne et une très grande nouvelle.

Vous avez déclaré sur TF1 : "Il faudra que je sois candidat." Pourquoi ne pas dire franchement et directement les choses ? François Bayrou est candidat, tout le monde le sait, il l’a été en 2007. La question n’est pas que politicienne : vous parliez de vérité et de sincérité en politique. Pourquoi ne pas le dire franchement ?

Parce que faire une déclaration de candidature, ça se fait dans la campagne présidentielle. Quand je dis « il le faudra », cela veut dire que ces idées, ces principes, ou ces attitudes sont tellement importantes pour l’avenir du pays qu’il n’y a naturellement que dans la campagne présidentielle que l’on puisse les défendre avec force.

Ça se fait pendant la campagne présidentielle, mais la campagne on la fait quand on veut. Est-ce que vous avez une idée et de la manière dont vous vous déclarerez ?

Oui j’ai une idée, naturellement, mais je suis souple. Parce que les évènements vont si vite, dans l’ordre financier, dans l’ordre de la dette… Il y a une crise de confiance énorme, donc il faut être adapté. En tout cas, je reviens au sujet essentiel. Est-ce qu’il y a quelque chose à faire pour s’en sortir ? Oui. Et il y a quelque chose à faire pour s’en sortir qui se résume en deux verbes : produire et instruire. Si on sait répondre à ces deux questions, alors la France s’en sortira parce qu’on a autant d’atouts et plus que les autres.

Vous entendez mon argument concernant votre phrase sur TF1 quand je dis que pour les gens qui nous écoutent, il s’agit d’un demi aveux ?

(rires) Non, il n’y a pas de demi aveux. Le journaliste devant qui j’étais au journal de TF1 m’a demandé « est-ce que vous serez candidat ? » et j’ai dit "oui, il le faudra". Ce n’est pas à moitié, ce n’est pas pour faire semblant, c’est simplement que ça n’est pas le moment de démarrer la campagne présidentielle. Cela se fait en son temps, mais bien évidemment, c’est une nécessité que d’offrir à la France un autre projet et un autre chemin que ceux qu’elle a suivis jusqu’à maintenant, et qui sont selon moi déséquilibre et faiblesse .

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2012, état d'urgence
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PATRICK BRUCH
Tête de liste aux élections municipales 2008.
 Délégué départemental du MoDem de Seine Saint-Denis.

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