Elections

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 10:13

 

Les tee-shirts de la campagne, "100% fabriqués en France" par l'entreprise Armor Lux

À l’occasion de la rencontre qu’il organise à Dunkerque, jeudi 19 janvier, François Bayrou dévoilera le premier produit dérivé de sa campagne : des tee-shirts fabriqués intégralement en France.

C’est une information qui fait figure de petit événement en Bretagne, reprise tour à tour lundi 9 janvier par Le Télégramme, Ouest-France et France Bleu Finistère : les tee-shirts de campagne de François Bayrou sortiront des usines d’Armor-Lux.

"Ils sont tricotés, teints et confectionnés à Quimper, 100% fabriqués en France", souligne Jean-Guy Le Floc'h, PDG de l’entreprise. La sérigraphie de ces vêtements sera aussi assurée localement, par la société Sofidial implantée à Guengat. "Il faut encourager les produits de tradition et d'avant-garde entièrement fabriqués en France, notre pays est capable de multiplier les réussites", souligne le candidat à la présidence de la République.

Cette commande est aussi symbolique. Fondée en 1938, Armor Lux compte aujourd’hui 550 salariés, 3 sites de production et un réseau de plus de 35 boutiques. Elle démontre par son dynamisme que l’industrie textile française sait allier qualité et innovation, tout en proposant des prix accessibles. "Nous avons tout ce qu’il faut pour entamer la reconquête, pour profiter du grand tournant technologique qui sera imposé à toutes les industries dans les quelques années qui viennent", salue le député des Pyrénées-Atlantiques.

Dès fin janvier, de nombreux produits dérivés vous seront proposés sur ce site Internet, tous intégralement fabriqués en France. N’hésitez pas à nous adresser vos idées en la matière et des exemples de sociétés à valoriser.

Pour découvrir ces tee-shirts en avant-première, participez à la rencontre de Dunkerque, jeudi 19 janvier à partir de 18h30. Plus d'infos en cliquant ici.

Crédits photos : Armor Lux 

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 17:10

 

29 décembre 2011

Il existe plusieurs moyens de vous inscrire :

- En vous déplaçant dans votre mairie, avec une pièce d'identité (Carte Nationale d'Identité ou Passeport) valable ou périmée depuis moins d'un an ainsi qu'un justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture de gaz, quittance de loyer par exemple).

- Par courrier adressé à votre mairie (attention : il devra leur parvenir avant le 31 !)

- Sur internet en cliquant ici. Il faudra numériser vos documents, pièce d'identité et justificatif de domicile, à l'aide d'un scanner ou d'un appareil photo. Attention : toutes les mairies ne proposent pas encore ce service, dans ce cas vous pourrez néanmoins pré-remplir les documents à apporter ensuite à votre mairie.

Vous avez déménagé ? La réinscription est nécessaire, même au sein d'une même ville. La démarche est gratuite et prend moins de 5 minutes.

Vous allez avoir 18 ans ? Les personnes qui atteindront l'âge de 18 ans avant la veille du premier tour de l'élection seront automatiquement inscrites sur la base de l'adresse fournie lors de la journée d'appel à la défense.

Par Gagny en mouvement - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 15:30

 

9 décembre 2011

Marielle de Sarnez

Invité sur le plateau de I-télé, Marielle de Sarnez, eurodéputée, a regretté le manque d'ambition de l'accord passé entre 26 pays de l'Union Européenne, sur la stabilisation de la zone euro, vendredi 9 décembre.

I-télé - Marielle de Sarnez, une réaction par rapport à ce qui se passe en ce moment même à Bruxelles, accord soi-disant à 17, puis à 23 et peut-être même aujourd'hui à 26, il ne reste plus que le Royaume-Uni, pour vous est-ce que c'est satisfaisant ?

MDS - Non, il y a des zones d'ombre, des zones d'inquiétude. D'abord, je ne suis pas sûre qu'en période de crise très lourde que nous vivons, il faille rajouter des incertitudes aux incertitudes. On a déjà, les incertitudes du marché, les incertitudes quand on empreinte tout les jours, rajouter une forme d'incertitude institutionnelle juridico-politique, je ne suis pas sûre que ça soit de bon aloi pour rassurer les marchés comme on dit, entre guillemet. Est-ce qu'on va faire finalement une Europe à 26 ? À 25 ? À 24 ? À 23 ? À 17 ? Cette Europe, qu'on nous annonce comme inter-gouvernementale, parce qu'on nous parle d'un nouveau traité inter-gouvernemental, c'est très compliqué pour ceux qui nous regardent. Mais un traité inter-gouvernemental ça veut dire simplement un traité entre pays, et donc, qui sorte au fond des institutions européennes. Et donc un traité intergouvernemental quelle légitimité démocratique ? Quel contrôle démocratique ? Quel rôle pour le Parlement européen qui représente les citoyens de l'Europe ? Quel rôle pour la commission ? Ceci c'est encore de nature, peut-être, à rajouter de l'incertitude.

I-télé - Que pensez vous de la collaboration franco-allemande ?

Ce que j'attendais de cet axe franco-allemand, de cette intimité franco-allemande qui est nécessaire, c'est qu'il y ait la confrontation des deux thèses. La thèse allemande qui dit "On veut absolument mettre dans les traités les sanctions, donc constitutionnaliser les sanctions, contre ceux qui ne font pas le bon travail", et puis la thèse qui aurait dû être celle de la France qui est de dire : "Oui à des sanction, mais, à ce moment là, il y a une solidarité, et la BCE peut être prêteur en dernier recours." Tout ce volet là n'est pas dans l'accord. On a un accord qui est uniquement sur la partie "sanctions". Donc, est absent un rôle éventuellement nouveau pour la BCE. Est absent aussi, c'est au moins aussi grave, la perspective de convergence économique, budgétaire et fiscale. Non seulement on vit une crise de la dette, mais on vit peut-être un moment où on va rentrer en récession, et donc, ne pas mettre de perspective de convergence économique. Je pense que c'est vraiment une erreur.

I-télé - Si on vous écoute, alors que Paris et Berlin se réjouissent presque de cet accord, en vous entendant, on met fin à l'idéal européen ?

MDS - Oui, on y met fin par la petite porte, sans nous avoir annoncé au fond ce qu'on allait faire à la place. Tout ça pour constitutionnaliser, mettre dans les traités les sanctions que les États membres qui ne respecterait pas les temps de rigueur budgétaire pourront encourir. Moi, je pense quelque chose de fondamental, qu'on a besoin d'une Europe forte, politique et solidaire et qu'il faut que les États membres fassent le boulot chez eux. Et ce n’est pas à l'Europe de leur dire, c'est aux États membres eux-mêmes à prendre leurs responsabilités. Je ne suis pas pour les déresponsabiliser et au fond, cette crise, elle finira quand il y aura une réponse politique d'une Europe unie et stable. Et en même temps nous devons mener dans les États membres le travail nécessaire, en particulier par exemple chez nous en France, le travail nécessaire de rééquilibrage des finances publiques qui n'a pas été mené. Et puis je dois ajouter un dernier point. Il y a quelque chose d'un peu surréaliste. Vous savez qu'on va créer un autre organisme après le FESF, qui est mort-né quasiment. On va créer le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité. Et pour le doter qu'est-ce qu'on va faire ? On va faire appel au FMI. Et le FMI qu'est-ce qu'il va faire ? Il s'est tourné vers les Chinois, il s'est tourné vers les Américains, ni les uns ni les autres ne veulent mettre d'argent parce qu'ils n'ont pas confiance dans cette zone Euro et, donc, il va se tourner vers les Européens, le FMI. Donc les Européens qui refusent que la BCE prête aux États membres en difficulté, il vont aller aborder le FMI qui ensuite va aller prêter aux Etats membres, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans tout ça.

I-télé - Donc finalement, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont-ils fait le job ? Ce qu'on attendait d'eux ?

MDS - Je ne suis pas à regarder le problème de personnes. Ce n’est pas ça qui m'importe et qui m'intéresse. Ce que je pense, c'est que dans les moments de crise, il faut une vision claire, il faut un horizon clair, il faut de la stabilité. Rajouter une forme d'incertitude à l'incertitude c'est un problème. Que décider, d'un coup de trait, de rayer l'Europe communautaire, ce qu'on a créé, fondé, porté depuis des décennies, l'inspiration même de l'esprit Européen, tout d'un coup, en passant uniquement dans des relations entre pays, c'est quelque chose qui historiquement nous met dans l'embarras.

I-télé- Vous pro-européenne convaincue, est-ce que ça vous fait mal ce que vous voyez aujourd'hui ?

MDS - Ce n’est pas l'Europe que j'aurais aimé. Ce n’est pas l'Europe dont les peuples européens ont besoin. Ils ont besoin d'une Europe qui défende des valeurs, qui défende en commun des valeurs et je n’ai pas le sentiment que les dirigeants européens soient à ce rendez-vous là aujourd'hui.

I-télé - Je ne sais pas si vous avez vu cette image. Le croisement Nicolas Sarkozy et de David Cameron, sans un mot, même pas un regard. Est-ce que la germanophobie qu'avaient certains socialistes vis-à-vis de l'Allemagne, aujourd'hui, ne peut pas devenir le risque d'une anglophobie ?

MDS - Il faut toujours faire attention, et ça vaut chez nous aussi, aux boucs émissaires qu'on désigne, comme ça, du doigt. Un jour c'est l'Allemagne, là, dans les jours qui viennent ça va être la Grande Bretagne. Je ne crois pas qu'on fasse avancer le monde de cette façon là, je ne crois pas qu'on renforce l'Europe de cette façon-là.

Par MoDem - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 09:51

 

 

10 décembre 2011

François Bayrou a tenu son premier meeting de campagne, samedi à Pau, devant plus de 1.000 personnes.

C'est un lieu symbolique que François Bayrou a choisi pour lancer sa campagne. Le Stade du Hameau est le siège de la "Section Paloise", club de rugby emblématique de la région depuis 1905. Il représente son attachement à ses racines, à la culture du Sud-Ouest et aux valeurs qu'incarne ce sport : esprit d'équipe, détermination, force et courage.

Arrivé vers 12h30 dans le grand hall de réception, l'enfant du Béarn a traversé la foule au son des bandas, entouré de son épouse, Babeth, et de ses nombreux soutiens. Parmi eux, les sénateurs Jean-Jacques Lasserre et Jacqueline Gourault, les députés Jean Lassalle, Daniel Garrigue et Abdoulatifou Aly, les députés européens Robert Rochefort et Jean-Luc Bennahmias, ainsi que de nombreux élus locaux, Maires, conseillers généraux et régionaux. 

En Europe : "Rigueur, mais aussi solidarité"

Pédagogue, le candidat à l'élection présidentielle a ouvert son discours sur l'origine de la crise européenne. "Les Etats les plus solides de la planète sont devenus soupconnables. Or, quand le doute s'installe, les taux d'intérêt augmentent et nous ne pouvons plus supporter la charge de la dette". La France n'est pas épargnée, car "elle appartient elle aussi au club des pays qui ne peuvent pas payer leurs fonctionnaires, leurs feuilles de sécu, sans emprunter".


Cette situation impose davantage de rigueur budgétaire. Avant tout, en posant des règles justes. "J'ai été le premier défenseur de la règle d'or, elle était déjà dans mon programme de 2002", a rappelé François Bayrou. Mais pour autant "réduire les solutions à la crise à cette seule règle d'or est insuffisant", a-t-il pointé. A l'échelle de l'Europe, cette rigueur doit s'accompagner de "solidarité", "la zone euro doit aider les pays les plus en difficulté, non pas en leur donnant des subventions, mais en leur garantissant un taux d'emprunt acceptable, qui leur permette de se reconstruire", "malheureusement, cela ne figure pas dans l'accord qui vient d'être signé", a-t-il déploré. 

L'Europe doit aussi réformer ses institutions. "Elle est trop éloignée des peuples, trop incompréhensible pour les citoyens", a regretté le député des Pyrénées-Atlantiques, proposant notamment "qu'un président de l'Europe soit élu au suffrage universel pour porter la voix des Européens". Car l'Union européenne "doit être une démocratie, et non une oligarchie", a-t-il poursuivi.

"Il faut un élan du produire en France !"

A la crise européenne, vient s'ajouter une crise française. "Les problèmes ne viennent pas d'ailleurs, ils viennent de chez nous ! Je suis pour qu'on s'adresse aux citoyens avec clarté, qu'on leur explique les problèmes et que l'on propose des idées simples", a estimé François Bayrou. 

"Alors que je parle depuis plusieurs mois du Produire et de l'Instruire, je constate que ces deux thèmes rencontrent aujourd'hui dans la vie politique un succès presque inattendu", a-t-il ensuite remarqué, soulignant que "Nicolas Sarkozy est sur le point d'effectuer un déplacement sur le thème des labels et du produire en France". "Quel bonheur", s'est-il exclamé en souriant. 

"Il faut se mobiliser pour un élan du produire en France, avec tous les acteurs concernés". Ceci implique par exemple d'agir sur la fiscalité, car "il est insupportable que les PME paient 3 ou 4 fois plus d'impôts que les entreprises du CAC 40. Il faut aussi un droit du travail plus souple, "le code du travail en France fait 2.600 pages et on en a ajoutées 500 dans les 5 dernières années", a pointé François Bayrou. 

Surtout, "il faut relever l'image de marque des produits français, travailler sur leur durée de vie, sur leur garantie. Il faut reconquérir des pans abandonnés. On ne fabrique plus un écran plat dans toute l'Europe! Ce que les Coréens ont fait à niveau de vie égal, nous pouvons le faire en France et en Europe. Comme ils l'ont fait, nous pouvons notamment adosser entreprises et universités, pour la production. Nous devons également une stratégie du consommateur. Une étude récente montre que 63% des Français sont prêts à payer un peu plus cher un produit, si cela permet de conserver des emplois en France".

"Je déclare la guerre à cette bipolarisation absurde !"

"Vous ne pouvez pas résoudre un problème sans changer la manière de penser qui a créé ce problème", a poursuivi François Bayrou. Pour lui les institutions et la façon de faire de la politique en France doivent évoluer. "Ce dont on a besoin c'est d'une force qui impose le pluralisme en France. Cette force, c'est notre famille en voie de reconstitution, avec des gaullistes, avec des écologistes, avec des gens de centre gauche", a-t-il souligné avec conviction.

"Je déclare la guerre à la bipolarisation absurde qui nous a amené là où nous sommes. Ce n'est pas parce qu'on est différent qu'on ne peut pas travailler ensemble ! Je souhaite une démocratie qui permette et oblige les forces politiques d'accord sur l'essentiel à s'unir. Rien ne s'accomplira sans un changement culturel important qui est le rejet du sectarisme. La règle de l'Etat doit $etre la compétence, pas l'appartenance. Car nous ne sortitrons pas de la crise en donnant tous les pouvoirs au Parti socialiste, avec les mœurs qui sont les siennes. Car nous ne sortirons pas non plus de la crise en donnant quitus, en mai prochain, à ceux qui sont responsables de la situation depuis cinq ans. L'abolition des privilèges est le socle indispensable de l'Etat républicain", a-t-il défendu.

" Il faut mettre au pas les appareils mais respecter les hommes et les femmes et leurs sensibilités, leur enracinement. Depuis des années on parle au peuple comme à des gogos. Il est temps que les gouvernants respectent le peuple, le prenne au sérieux, lui parle comme à un adulte. Il est temps que les Francais imposent à cet univers partisan le changement dont eux ont besoin. Seul le peuple français peut imposer un choc qui fera que demain ne sera pas comme hier." 

En clôture de ce discours, les participants se sont retrouvés ensemble autour de la traditionnelle "garbure" béarnaise, dans une ambiance détendue et chaleureuse.

Par François Bayrou - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:04

 

C'est à la Maison de la Chimie à Paris et devant un parterre de journalistes, que François Bayrou a annoncé officiellement sa troisième candidature à l'élection présidentielle de 2012. Dans un discours où il a réaffirmé sa volonté de se poser en rassembleur, il a rappelé ses engagements envers les Français dans le contexte particulier de crise que le pays traverse.


Mesdames, Messieurs, chers concitoyens de métropole, d’outre-mer et de l’étranger,

Je me présente devant vous, en homme libre, avec un projet et une volonté pour notre peuple et pour notre pays.
Je dis pays et je dis peuple. Nous Français sommes un peuple qui doit tout à son pays. C’est la France, son unité, son histoire, son État qui a permis au peuple français de se former. « France, mère des arts, des armes et des lois » chantait du Bellay. Notre culture, nos valeurs républicaines, la laïcité qui n’a pas de prix, notre langue, notre école, notre solidarité, autant dire notre idéal universel, nous l’avons reçu de la France. Et c’est cela qui nous a rassemblés et fait vivre ensemble.
C'est pourquoi quand la France va mal, les Français vont plus mal encore.

La France, depuis des années, va mal. Un vrai mal d’un pays tout entier : le regard des parents sur l’avenir de leurs enfants va mal, le regard des citoyens sur leurs élus va mal, le regard des enseignants sur la société, et le regard sur les enseignants, va mal, le regard de la société sur les jeunes va mal.

Cette dégradation est dangereuse. Elle pourrait être sans retour. Nous avons donc, nous Français,  une chose à décider : cela ne peut pas durer, cela ne peut plus durer.
Il faut un choc, un choc salutaire.
Il faut qu’après cette élection, ce ne soit pas comme avant. Il faut que le peuple français sache pour lui-même, et les autres peuples avec lui, qu’il a choisi de tourner une page, de sortir de l’impuissance et du brouillard, et qu’il débute un autre chapitre de son histoire.
Il faut qu’il soit clair que la France prend un chemin nouveau. Ou plutôt qu’elle retrouve un chemin abandonné depuis longtemps. Le chemin qu’elle a pris en 1958, dont les repères, les mêmes qui nous sont nécessaires aujourd'hui sont : lucidité et volonté.

J’ai dit lucidité. Non pas seulement la lucidité des dirigeants ; cela, ce serait simple à juger. Il suffirait de se demander : qui a vu venir la crise, qui en a montré les raisons, qui en a averti les Français ? La réponse serait sans ambigüité.
Mais la vraie question, c’est la lucidité de tout un peuple, la lucidité des citoyens. Parce que sans lucidité, pas de volonté, donc pas d’issue. Pour faire naître la lucidité des citoyens, la vraie arme, c’est l’arme de la vérité. C’est à cette arme de vérité que je me tiendrai tout au long de cette campagne électorale.

Voici la première affirmation de cette campagne de vérité : ce que vit la France, ce n’est pas une crise. Parce qu’une crise, dans l’esprit de tous, c’est un épisode, presque météorologique, auquel on ne peut pas grand-chose, qui vient d’ailleurs, qui vous tombe dessus, et qui est destiné à passer, comme le dit la sagesse populaire « après la pluie, vient le beau temps. »
En ce sens, ce n’est pas une crise. Ce que vit la France c’est un affaiblissement continu, depuis des années et des années, une anémie toujours plus grave. Les dirigeants successifs n’ont pas prévu, n’ont pas vu, n’ont pas osé voir ce qui se préparait pour notre pays. Ils sont responsables. Et donc responsables aussi un peu nous tous, le peuple qui les a élus.
Il s’agit dans cette élection de ne pas recommencer avec le même aveuglement, les mêmes facilités, les mêmes promesses qui ne seront pas respectées. Tous ceux donc qui nous diront à longueur d’émissions et de meetings que les causes de nos difficultés viennent d’ailleurs, que nous les subissons, qu’elles proviennent du monde, de la finance capitaliste, des banques, de l’Europe, de l’euro, de l’immigration, tous ceux-là en réalité nous dévoient et nous désarment parce qu’ils nous empêchent de regarder en face nos insuffisances et nos erreurs.
Or il s’agit de regarder en face la situation, c’est une guerre que nous sommes en train de perdre ! Il s’agit donc de mobilisation de toutes les volontés, de toutes les forces de notre pays, pour arrêter la marche arrière, arrêter de battre en retraite, regagner pied à pied le terrain perdu. Et cela peut se faire en peu d’années : je veux vous rappeler qu'en 1958 la France faisait ses fins de mois au FMI. Trois ans après, elle avait retrouvé ses forces et son rang. En 2004, l’Allemagne était derrière nous. Cinq ans après, elle était la première puissance européenne. Il s’agit [...] de vouloir, et de vouloir ensemble.

L’anémie de la France, comme toutes les anémies, provient d’une hémorragie. Les ressources du pays s’en vont, continuellement, par dizaines et dizaines de milliards chaque année vers les pays qui nous entourent, parce que nous ne produisons plus en France.
Là est la première cause de tous nos maux : les emplois s’en vont, le pouvoir d’achat s’effondre, les déficits et la dette explosent, on ne peut plus soutenir les services publics, les jeunes ne trouvent plus les moyens de s’installer dans la vie. Et la double dégradation quasiment annoncée depuis hier de notre pays menacé de perdre son triple A n’est que la sanction de cet affaiblissement.
Pour en sortir, il faut un pacte national. Un pacte national pour produire en France. Tous les responsables économiques, industriels, agricoles, consommateurs, syndicats de salariés, tous les responsables politiques de l’État, des collectivités locales, les responsables des banques, tous doivent être invités à prendre leur part de responsabilité.
Mais cela ne se fera pas tout seul. Cela ne se fera que si le peuple des citoyens en décide ainsi. Il faut une volonté nouvelle pour changer les habitudes, par exemple le climat social dans l’entreprise. Ou encore la consommation pour qu’elle devienne un acte de soutien actif au « produit en France ».
Et il n’y a que la voix et la conscience de notre pays qui pourra inscrire cette production, vitale, dans la préservation et la restauration de notre patrimoine naturel, air, terre, [...] eau, patrimoine d’espèces vivantes, patrimoine d’intimité entre l’homme et la nature, l’homme et les abeilles, l’homme et la planète, au moment, en ce moment, où se déroule à Durban le sommet sur le climat. En particulier, nous aurons devant les Français, publiquement, avec toutes les associations, le débat sur l’énergie, sur la transition que je crois possible vers des énergies sans nuisances pour l’homme et son environnement.

« Produire » n’existe pas sans « instruire ». Ces deux verbes sont liés comme le sont dans le même arbre la racine et le fruit.
Il n’existe aucun pays dans le monde qui ait relevé le défi du « produire » sans gagner la bataille de « l’instruire ».
Bien sûr, l’éducation et la formation, bien sûr, n’ont pas à servir d’abord l’économie. Elles servent d’abord la liberté de la femme et de l’homme en devenir. Elles servent d’abord leur jugement, d'abord leur libre-arbitre, l’indépendance de leur pensée, le précieux bagage de leur culture.
Mais elles servent aussi l’invention, la création, toutes les créations, celle de l’entrepreneur, celle du chercheur, du scientifique, de l’ingénieur, de l’agriculteur, et celle du médecin, celle de l’artisan, de l’artiste, du plasticien, de l’architecte, du designer, du logicien et tout autant la capacité de création de l’employé et de l’ouvrier.
La clé du monde à venir, du monde qui est déjà là, c’est la rencontre entre l’esprit de formation, l’esprit de recherche et l’esprit de production.
Il est une immense attente de sursaut parmi tous ceux qui aiment l’éducation et les éducateurs, de la maternelle au Collège de France. Un immense besoin de reconnaissance, de compréhension, de soutien matériel et moral. Un immense et exigeant besoin de retrouver le véritable rang de l’éducation nationale de la France qui était et doit redevenir le premier.

Et bien sûr, il est une étape indispensable, nous le savons tous : la remise sur pied, la remise en équilibre des finances publiques de notre pays.
Il y a beaucoup d’idées qu’on évoque en ce moment sur l’obligation de traités nouveaux pour obliger la France à retrouver l’équilibre des finances. J’ai été le premier et longtemps le seul à défendre le principe d’une « règle d’or » dans la constitution par laquelle le peuple français interdirait à ses dirigeants la facilité, c'est à dire la lâcheté du déficit, sauf en période de récession. À l’époque, tout le monde était contre !
Mais je veux que ceci soit clair : je refuse qu’on nous raconte que nous devrons faire cet effort pour satisfaire à un traité ou à des menaces de sanction. Ce n’est pas pour l’euro que nous devons supprimer nos déficits et alléger notre dette, ce n’est pas pour l’Allemagne, ou pour l’Europe, ou pour -que sais-je- le Fonds monétaire international : c’est pour nous-mêmes et c’est pour nos enfants.
Cet effort à conduire ensemble, à peut près 5 % de baisse des dépenses publiques et à peu près 5 % d’augmentation des contributions, et 5 % entre nous ce n’est pas hors de portée d'une famille ou d'une entreprise, cet effort-là, c’est pour nous, pas pour les autres, pour l’équilibre de la France, et son indépendance.
Et vous voyez bien qu’il y a là pour moi une conviction de fond : pour se rétablir, un peuple ne peut compter que sur ses seules forces. Quand les problèmes dépassent l’échelon national, il est naturel de s’allier avec d’autres pour les résoudre. Mais quand il s’agit de sa survie, de son organisation intérieure, de son destin, de son équilibre intérieur, il ne peut pas s’en remettre à d’autres. C’est notre affaire, c’est notre avenir. Et c'est pourquoi notre destin est entre nos mains !

J’en appelle à l’effort national en même temps que je suis un militant de l’idée européenne. C’est un idéal que j’aime, autant si je puis dire, que Victor Hugo l’aima, que Robert Schuman et Jean Monnet l’aimèrent, que Pierre Pflimlin l’aima, ou que Valéry Giscard d’Estaing, ou Romano Prodi, ou Jacques Delors, ou Jean-Claude Juncker, ou Wolfgang Schaüble, l’aiment.
Parce que j’aime l’Europe, je refuse qu’on en fasse le Père Fouettard de Bruxelles, au nom imposerait-on à des peuples une discipline venue de l'extérieur ? L’Europe n’est pas faite pour excuser nos lâchetés. Je ne veux pas voir un jour des révoltes contre l’Europe au sein des peuples.
L’intimité entre la France et l’Allemagne est le cœur de la construction européenne. Elle doit le rester. Mais je ne crois pas durable ni bonne dans son principe l’idée que l’Europe se dirige exclusivement à deux, en une espèce de directoire qui se met tous les jours en scène.
On nous dit que désormais l’Europe ne sera plus qu’intergouvernementale, Ce sont là des termes qui paraissent bien savants et pourtant c'est une rupture avec le principe premier de l’Europe, le principe communautaire. C’est l’ensemble au service de chacun, et tous les partenaires à égalité de dignité. Il est un intérêt général européen qui doit être entendu au même titre, et même un peu plus, que les intérêts défendus dans le désordre par chacun des gouvernements. Il faut réaffirmer le rôle d’une commission de plein exercice et respectée. Et les peuples aussi ont leur mot à dire. Ils ont le droit de savoir ce qu’on prépare et décide pour eux. Le Parlement européen et les parlements nationaux sont là pour faire entendre leur voix.
Il faut que l’Europe décide sur l’essentiel, par exemple sur les conditions d’une gouvernance effective de la zone euro, et moins sur l’accessoire.
Et il faudra un jour, je le crois, pour que l’Europe ait un visage et une voix, il faudra un président et un seul pour l’Europe, élu par les citoyens. Car il n’existe pas de démocratie si les dirigeants sont anonymes et sans expression.

Sur tout cela, sur la France et l’Europe, et sur le monde si je le peux, je dirai la vérité aux Français.
Je ne ferai pas de promesses, agréables avant les élections, désastreuses après parce qu’on ne les tient jamais, et quelques fois quand on les tient c'est encore pire. Je ne raconterai pas d’histoires.
Je donnerai à chacun une ligne claire, et la même pour tous.
Je ne parlerai pas à la France en la divisant en catégories séparées, d’âge, de condition sociale, ou d’origine, à qui on donne à chacun le discours censé lui faire plaisir, comme on dit dans les Pyrénées « à chaque âne son picotin ». Je ne parlerai pas aux vieux comme à des vieux : je leur parlerai en citoyens, en citoyens d’expérience. Je ne parlerai pas aux jeunes comme à une catégorie particulière, mais comme à des citoyens de plein exercice qui auront demain à assumer pleinement notre nation.
Je n’opposerai pas les Français les uns aux autres. Un pays n’avance solidement que s’il avance solidairement. Je ne diviserai pas, je rassemblerai.
Quand on doit demander des efforts, la justice est une obligation morale, elle est même la condition de l’adhésion. Le principe de justice, que je suivrai, s’énonce simplement : demander plus à celui qui peut le plus et moins à celui qui peut le moins.
Je serai le porte-parole non d’un parti, mais de l’intérêt général et je restaurerai sans faiblesse l’impartialité de l’État.
Je serai celui qui fera l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.
Je défendrai la démocratie et le pluralisme. J’obligerai à la séparation des pouvoirs, qui fera une justice de pleine indépendance et une presse de pleine liberté. J’obligerai à une représentation équitable au Parlement de tous les courants d’opinion, même de ceux contre qui je me suis toujours battu.
Je ne céderai rien à l’extrémisme, qui est un danger mortel pour un peuple. Si nous avions la faiblesse de l’écouter, nous pleurerions un jour des larmes de sang.
Je ne concéderai rien aux candidats qui se croient favoris. Je leur dirai en face que la France a besoin de tourner la page sur leur double et successive hégémonie, et sur les erreurs dont ils ont été tour à tour responsables.
Je donnerai une garantie aux Français et à ceux qui, dans le monde, regardent la France. Je promets aux Français la fin des affaires qui salissent notre pays. Je sais bien que dans les temps que nous allons traverser rien ne sera facile. Je n’ai pas de baguette magique. Mais je garantis au peuple français que, dans l’ère nouvelle qui va s’ouvrir, aucun réseau d’influence financier ou partisan, aucun intérêt particulier, aucun mélange des genres n’aura droit de cité au cœur de l’État.
Je promets de voir et d’entendre ceux que personne ne voit ni n’entend. Ils sont des millions qui ont décroché ou n’ont jamais encore accroché. Ils viennent d’ici ou d’ailleurs. Ils étaient ou sont paysans, c'est-à-dire frères des miens, frères et sœurs de mes parents. Ils étaient ou sont ouvriers, d’ici ou d’ailleurs. Leurs enfants, comme on dit dans les cités « tiennent les murs ». Leurs quartiers ont été souvent oubliés. Ils n’ont pas ou plus d’emplois, ou plus de ressources, plus d’espoir en tout cas. Ils sont souvent seuls et ce sont souvent les plus vulnérables. Personne ne leur parle vraiment. J'essaierai de leur parler, en tant que citoyens, pas en tant qu’assistés ou « catégories sociales », j'essaierai de leur parler pour leur rendre leur place.

Pour gouverner la France en ces temps de tempête, il faut une majorité plus large que les majorités classiques d’un bord contre l’autre. À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. J’ai évoqué la nécessité d’un « esprit d’union nationale ». Il est impératif, et à mes yeux d’ailleurs inéluctable, que pour redresser la France se forme, ouverte à tous les réformistes, d’où qu’ils viennent, une majorité du courage.
Seul un président de la République nouveau, soutenu par le peuple français, libre de ses décisions et de toute dépendance, peut garantir aux Français que les choses vont vraiment changer.
Et nos institutions le permettent, c'est même leur génie, puisqu’elles mettent entre les mains des électeurs un robuste fusil à deux coups : d’abord l’élection présidentielle, ensuite les élections législatives qui éliront les députés décidés à soutenir cette nouvelle majorité, et sanctionneront durement ceux qui s’y refuseront.

Enfin, je veux vous dire que nous n’avons pas seulement la charge du présent ou de l’avenir immédiat.
Nous avons charge d’horizons plus lointains. Nous avons charge du siècle pour la France et pour l'Europe. Je veux vous dire ma certitude que la France doit formuler, pour elle, pour l’Europe et pour le monde, et je crois qu’elle est la seule parmi les nations à pouvoir le faire, elle doit formuler un projet pour développer l’être humain, femme, homme, enfant, dans toutes ses dimensions : santé, équilibre, épanouissement intellectuel, créativité, culture, et même épanouissement philosophique ou spirituel.
Car nous ne sommes pas des organismes à produire et à consommer. Nous sommes destinés à nous élever au-dessus de nous-mêmes, pour comprendre le monde et pour le changer, dans le but d’humaniser l’homme et d’humaniser le monde.
Le monde ne se satisfait plus de l’injustice qui fait que les uns sont gavés, d’euros, de dollars ou de luxe stérile, et les autres n’ont pas même pas d’eau. Le monde ne se satisfait plus du matérialisme. Il exige qu’on prenne en charge la nécessité de tous. Et il espère qu’on lui montrera d’autres horizons pour l’être humain, pour sa liberté et pour sa conscience.

Je viens à cette élection avec ce que la vie m’a donné et m’a appris. Elle m’a donné des racines, dans mon pays des Pyrénées bleues, auprès de mes parents qui n’avaient d’autre horizon que le travail, et aussi les livres, des racines dans la famille nombreuse et rigolote que nous avons voulue, des racines dans notre langue que j’aime et dont je crois qu’elle porte un trésor à nul autre pareil. Elle m’a donné le don de l’amour et de l’amitié. Elle m’a donné l’endurance pour traverser les difficultés. Elle m’a donné de ne jamais accepter que les obstacles soient invincibles. Elle m’a donné la confiance émouvante de femmes et d’hommes engagés, qui ont l’expérience et le niveau de prendre en mains la destinée du pays, et aussi la confiance de femmes et d’hommes, plus nombreux encore, dont la vie n’est pas la plus facile. C’est avec tout cela, ce bagage de vie, ce bagage de gratitude, que je veux servir notre pays au moment le plus impressionnant de notre histoire récente.
L’histoire commence. Nous sommes, vous et moi, au seul rendez-vous qui vaille, celui de la lucidité, celui du courage, celui de la volonté optimiste d’un peuple qui va décider de se relever.

Par François Bayrou - Publié dans : Elections - Communauté : Mouvement Democrate
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PATRICK BRUCH
Tête de liste aux élections municipales 2008, membre du bureau de la fédération MoDem 93 

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